Vatican : deux congrégations enseignantes chez le pape (050189)
Rome, 5janvier(APIC/CIP) Jean Paul II a reçu jeudi 5 janvier les membres
de deux congrégations religieuses qui se vouent à l’enseignement et à
l’éducation, réunies toutes deux en chapitre général : les soeurs de l’Union Sainte-Catherine de Sienne des Missionnaires de l’Ecole et les Frères de
Saint-Gabriel.
La première, qui compte 200 religieuses à travers le monde, la plupart
aux Pays-Bas, au Pakistan et en Inde, clôturera le 6 janvier un chapitre
consacré à la révision de ses constitutions à la lumière du nouveau Code de
Droit canon. Le pape a loué la vocation spécifique des religieuses, qui est
"d’imprégner, d’éduquer et de témoigner de l’Evangile dans l’école" et les
a invitées à une "prudente flexibilité" dans leur travail d’éducation.
La congrégation des Frères de l’Instruction Chrétienne de Saint-Gabriel
a été fondée en 1705 par Saint Louis Grignon de Montfort (qui est également
le fondateur des Montfortains). Elle compte à l’heure actuelle 1.600
religieux à l’oeuvre en Europe (France, Espagne, Italie, Grande-Bretagne),
en Amérique (USA, Canada, Brésil, Colombie), en Afrique (Zaïre, Sénégal,
Madagascar et Congo-Brazzaville). Ses membres se consacrent à
l’enseignement et à l’éducation, notamment d’enfants handicapés, aveugles
et sourds-muets.
Aux 80 religieux présents, parmi lesquels le Frère Jean Friant (France),
nouveau supérieur général, Jean Paul II a souhaité une "heureuse fidélité"
aux intuitions du fondateur, afin de pouvoir approfondir la spiritualité et
l’activité apostolique de leur congrégation. Le chapitre, qui prendra fin
le 8 janvier, a en effet particulièrement abordé le thème : "Etre religieux
montfortain".
Plaidoyer en faveur de l’inculturation
L’essor important de l’institut, notamment en Asie et, plus récemment,
en Afrique, l’a conduit à fournir un sérieux effort pour que la Parole de
Dieu s’incarne avec toute sa vigueur dans les diverses cultures, indienne,
thaï, zaïroise, sénégalaise... Le pape en a pris acte pour s’en féliciter.
"Cela implique de la part de tous les Frères, et particulièrement des jeunes en formation, non seulement une adaptation prudente et courageuse de
leur manière d’être et d’agir aux conditions de vie et aux traditions locales, mais plus encore une force d’imprégnation évangélique par le moyen de
la contemplation et de la conversion personnelle, a insisté le pape. En effet, c’est seulement si l’Evangile est vécu à cette profondeur que l’on
peut espérer une inculturation authentique."
A propos de la situation en Occident, a poursuivi Jean Paul II, il
s’agit souvent de faire face "à un matérialisme diffus, à l’indifférence
religieuse, à l’individualisme et à l’absence de repères moraux, même si un
bon nombre de jeunes sont sensibles aux droits de l’homme, à la justice, à
la solidarité entre les peuples, aux valeurs fondamentales de la vie et de
la paix".
Enfin, Jean Paul II a demandé aux religieux d’être attentifs aux besoins
des plus déshérités, qui attendent une aide concrète : "les jeunes
matériellement pauvres, les analphabètes, les marginaux, les handicapés
physiques, ceux qui ne connaissent pas la tendresse de Dieu révélée en
Jésus-Christ". Il a donc invité les religieux à prendre en compte ces
besoins pour contribuer selon leur charisme propre à la "nouvelle
évangélisation". (apic/gm/bd)