Rome, 18 mars (APIC/CIP) Le pape a reçu le 17 mars des membres du Comité
pour les Relations parlementaires et publiques de l’Assemblée parlementaire
du Conseil de l’Europe.
Jean-Paul II a rappelé à ses hôtes que son prédécesseur Paul VI avait
déjà reçu des membres de leur comité il y a 13 ans et ajouté que lui-même
aurait probablement l’occasion de les saluer à nouveau lors de sa visite à
Strasbourg en octobre 1988.
Parmi les initiatives importantes qui ont vu le jour depuis la création
du Conseil de l’Europe en 1949, Jean-Paul II a particulièrement mis en évidence la signature de la Convention européenne des Droits de l’Homme. Non
seulement cette convention établit la nécessité de défendre la dignité de
chaque être humain, a déclaré le pape, mais elle pousse les Européens à reconnaître que la conscience de la "dignité inaliénable de toute personne"
est le fondement de la construction d’une société "civilisée et juste".
Loin d’avoir perdu de sa raison d’être, la défense des droits et de la
dignité de toute personne humaine est devenue une nécessité urgente face à
de nombreuses situations, a poursuivi Jean-Paul II, qui a notamment fait
référence aux problèmes posés par l’évolution des sciences et des techniques.
"L’Europe a imposé sa marque indélébile sur le cours de l’histoire", a
ensuite relevé Jean-Paul II, avant d’insister: la conscience européenne implique aussi un devoir de responsabilité envers tous les peuples de l’Europe et envers toute l’humanité.
C’est pourquoi, a précisé le pape, l’Europe a besoin de retrouver son
"identité profonde", en dépassant tout ce qui empêche de reconnaître le patrimoine et la civilisation communs aux peuples et aux nations d’Europe.
Encourageant les Européens à oeuvrer en faveur de leur unité, Jean-Paul
II a remarqué que la division de l’Europe ne pourrait que s’agrandir si
l’on oubliait que l’unité est d’abord spirituelle avant d’être politique,
car la base de l’unité européenne est due en grande partie aux "valeurs
chrétiennes" et à "l’humanisme" dérivé de ces valeurs. Par conséquent, si
l’Europe veut vraiment l’unité, il lui faut faire un retour aux valeurs que
le christianisme a véhiculées dans la société et la culture européennes.
Enfin, le pape s’est déclaré en faveur d’une campagne publique européenne pour promouvoir l’interdépendance et la solidarité entre le Nord et le
Sud. Jean-Paul II a encore précisé que sa récente encyclique sur le développement ("Sollicitudo rei socialis") consacrait des passages substantiels
à la question des relations d’interdépendance et de solidarité entre les
pays pauvres et les pays développés. (apic/cip/bd)