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    Vatican : conférence internationale sur le sida (141189)

    Rome, 14novembre(APIC/CIP) Les aspects les plus divers des problèmes

    auxquels sont confrontés tous ceux qui participent à la lutte contre le

    sida, des soins aux malades à la prévention et à l’information, ont été

    aborbés lors de la deuxième journée de la Conférence internationale sur le

    sida, qui réunit au Vatican 1’400 experts venus du monde entier.

    L’un des problèmes concerne le secret professionnel. Javier Elizari, un

    moraliste madrilène, a relevé qu’en général tant les organisations

    professionnelles et politiques que les milieux chrétiens jugent qu’il est

    indispensable : outre qu’il préserve le sujet séro-positif d’attitudes

    discriminatoires, il est une garantie d’efficacité dans la lutte contre la

    maladie. En effet, si le secret professionnel n’était pas respecté, une

    grosse majorité de sujets à risque refuseraient de se soumettre aux tests

    volontaires et ne prendraient donc pas les précautions utiles pour prévenir

    la propagation du virus.

    Le secret professionnel peut néamoins être levé, notamment quant le

    devoir impose d’informer le partenaire sexuel. Sur ce point, les milieux

    chrétiens en font une norme, a relevé Javier Elizari, tandis que d’autres

    milieux - par exemples médicaux - considèrent que cela doit rester

    l’exception. Les premiers soutiennent qu’on n’a pas le droit d’imposer à

    autrui l’obligation de risquer sa propre vie, a-t-il expliqué, les seconds

    y voient un "mal nécessaire", que justifie le souci d’éviter une plus large

    propagation du virus.

    E. Savona, un juriste de Washington, s’est interrogé sur l’efficacité

    d’éventuelles mesures pénales à l’encontre de ce qu’il appelle les

    "courriers", à savoir les malades qui adoptent sciemment certains

    comportements à haute probabilité de contagion et les toxicomanes qui

    échangent des seringues infectées. Ce sont là, estime-t-il, des catégories

    peu sensibles aux menaces de sanctions pénales. Pour E. Savona, le recours

    à de telles sanctions sont des échappatoires, qui dispensent d’axer les

    efforts sur une prévention et une éducation meilleures, plus efficaces et

    moins onéreuses.

    Directeur du centre d’éthique de l’Université Georgetown à Washington,

    E. Pellegrino estime que le test de séropositivité ne peut être effectué à

    l’insu du patient qu’en cas de don de sang ou de tissus. Le risque encouru

    par le personnel sanitaire ne justifie pas non plus que le test puisse être

    imposé, vu le petit nombre des cas d’infection imputables aux activités

    professionnelles.

    Priorité aux conséquences humaines

    G. Maier, secrétaire général de la Caritas Internationale, a souligné la

    nécessité de se concentrer d’abord sur les conséquences humaines du sida

    sur les individus et sur les familles, et pas uniquement sur les techniques

    à mettre en oeuvre pour lutter contre la maladie. Il a relevé au sein même

    des organisation sociales et pastorales catholiques des attitudes de crainte et des préjugés à l’égard de la maladie.

    Dans la foulée, Mgr Yvan Marin, sous-secrétaire du Conseil pontifical

    "Cor Unum", a indiqué que l’Eglise, si elle ne peut offrir de réponse

    scientifique, peut par contre mettre en oeuvre toute sa puissance d’action

    pour éveiller un sens de la solidarité universelle et d’un comportement

    fraternel. Il a indiqué les préalables indispensables de cette solidarité

    universelle: combattre la marginalisation et la discrimination; soutenir

    ceux qui se consacrent à la recherche scientifique et les travailleurs de

    la santé.

    Au cours de cette seconde journée, une infirmière brésilienne a présenté

    un programme mis sur pied par l’archidiocèse de Sao Paulo, un programme

    notamment axé sur la formation de volontaires disposés à travailler dans

    les hôpitaux, dans les prisons et à domicile. (apic/cip/jt/pr)

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