"vérité doctrinale ou conscience personnelle"
Rome, 9 novembre (APIC/CIP) C’est non seulement pour faire le point 20 ans
après la publication de l’encyclique "Humanae vitae" de Paul VI que la
Commission pontificale pour la Famille a pris l’initiative de réunir à Rome
les évêques responsables des commissions épiscopales pour la famille :
c’est également pour répondre au désir de Jean Paul II que soient
recherchées "des voies pour aider les couples à vivre l’enseignement de
l’Eglise sur la transmission de la vie humaine et l’amour conjugal".
C’est ce qu’a précisé le cardinal Edouard Gagnon, le président de la
Commission pontificale pour la Famille, en ouvrant la session, organisée au
Vatican ces 7 et 8 novembre. Le cardinal a souligné le contraste entre
l’opposition de beaucoup à l’enseignement proposé par Paul VI dans "Humanae
vitae" et "une atmosphère aujourd’hui plus favorable et positive", beaucoup
tenant désormais cet enseignement "non seulement pour vrai, mais aussi pour
réellement prophétique".
Néo-colonialisme
Les participants ont entendu un exposé de Mgr James McHugh, évêque
auxiliaire de Newark (USA), sur "problème démographique et néo-colonialisme
vingt ans après ’Humanae vitae’". Si l’on observe un déclin démographique
dans la plupart des régions du monde, a déclaré l’évêque américain, il en
est d’autres qui connaissent une croissance démocratique continue. Et ce
n’est pas à ces dernières qu’il faut imputer les problèmes économiques et
sociaux qu’invoquent pourtant "de puissantes organisations internationales"
(l’allusion aux Nations-Unies semble évidente) pour justifier l’imposition
de mesures destinées à contrôler cette croissance, par exemple la
contraception, spécialement dans les pays en voie de développement, à
poursuivi Mgr McHugh. Pour le prélat, une augmentation de la production
alimentaire suffirait à nourrir une population mondiale quatre fois plus
importante que celle que l’on prévoit pour la fin du siècle (10,2 milliards
en cas de croissance maximale).
Cette critique par Mgr McHugh d’une "idéologie de contrôle démographique qui ne favorise pas un développement authentique" a reçu l’appui
d’évêques de pays en voie de développement présents à la session. Ceux-ci
ont stigmatisé ce qu’ils considèrent comme un "impérialisme contraceptif"
ou un "néo-colonialisme", qui lie l’aide au développement à des programmes
massifs de contraception ou de stérilisation qui nuisent à la famille,
ruinent la santé des femmes et constituent une violation des droits
humains.
Confusion à propos de "loi naturelle"
Dans une intervention sur "Les racines de l’incompréhension face à
’humanae vitae’ : vérité doctrinale ou conscience personnelle", Mgr Desmond
Connel, archevêque de Dublin, a affirmé que le plus gros de la critique
suscitée par l’encyclique est imputable à une confusion entre, d’une part,
une conception théocentrique de la loi naturelle et, d’autre part, une
approche philosophique de celle-ci. En fait, a-t-il fait valoir,
l’enseignement de l’encyclique est fondé sur "la loi naturelle illuminée
par la Révélation divine". En d’autres termes : la conscience doit être
"ouverte à la vérité de Dieu sur la transmission de la vie humaine".
La conscience, a déclaré Mgr Donnell, ce n’est pas "faire ce que je
considère comme bon", ni une simple décision personnelle : la conscience
"implique une responsabilité à l’égard de Dieu qui conduit les couples à la
dignité de la vraie liberté". Et l’archevêque de conclure en soulignant la
responsabilité des pasteurs de ramener à la vérité "ceux qui se sont
écartés de la route", de susciter "un assainissement de la conscience".
Lundi, les évêques présents ont participé à une table ronde avec cinq
experts laïcs, spécialistes de la planification familiale selon les
méthodes naturelles, de la philosophie morale et de la psychiatrie : le Dr
Gonzalo Herranz (Espagne), le Professeur William May (USA), le Professeur
Jean-Marie Mayer (France), le Dr Wanda Poltawska (Pologne) et le Dr Roetzer
(Autriche). (apic/jt/bd)