Le Valais à Rome pour accueillir son "bienheureux"
Rome, 16mai(APIC - Jacques Berset) C’est pour "être aller jusqu’au bout",
avoir aimé le Christ "d’une manière héroïque", jusqu’à donner sa vie pour
Lui, que le Valaisan Maurice Tornay, chanoine du Grand-Saint-Bernard assassiné au Tibet en 1949, a été proclamé dimanche "bienheureux" par le pape
Jean Paul II au cours d’une cérémonie solennelle en la basilique SaintPierre.
Moments d’émotion et de recueillement, mais aussi de joie et de fierté
pour le sacrifice d’un fils de ce coin de terre pour les quelque 600 Valaisans qui avaient fait le pèlerinage de Rome, entourés de leurs pasteurs,
notamment les chanoines du Grand-Saint-Bernard qui desservent une dizaine
de paroisses dans la région de Martigny-Orsières. Parmi la foule de 10 à
12’000 fidèles massés dans la basilique, se trouvait Raymond Deferr, président du gouvernement valaisan, entouré des Conseillers d’Etat Richard Gertschen et Bernard Bornet. La Suisse n’était pas absente non plus, puisque le
Valaisan Paul Schmidhalter, président du Conseil national, avait également
fait le déplacement à Rome.
Présidée par Jean-Paul II et concélébrée par plusieurs cardinaux et évêques, dont le cardinal Henri Schwery, évêque de Sion, Mgr Henri Salina,
évêque-Abbé de Saint-Maurice, le chanoine Benoît Vouilloz, prévôt du GrandSaint-Bernard, la messe a connu son couronnement avec la proclamation de
quatre nouveaux bienheureux: Maurice Tornay, martyr, (1910-1949); la religieuse française Marie-Louise de Jésus Trichet, cofondatrice des Filles de
la Sagesse (1684-1759); la religieuse polonaise Colomba Joanna Gabriel,
fondatrice des Soeurs bénédictines de Charité (1858-1926); et la religieuse
italienne Florida Cevoli, clarisse capucine (1685-1767).
"Un modèle de fidélité pastorale"
Auparavant, le cardinal Schwery avait demandé au pape Jean Paul II de
procéder à la béatification des quatre bienheureux et évoqué la vie du chanoine Tornay, "un modèle de fidélité pastorale", qui a préféré verser son
sang que d’abandonner les catholiques de sa paroisse de Yerkalo, au Tibet,
menaçés d’apostasie sous la pression des lamas bouddhistes qui refusaient
la présence de missionnaires chrétiens dans ce "Tibet interdit".
Dans son homélie, le pape a relevé que Maurice Tornay est allé "jusqu’au
bout" et qu’il a vécu l’amour héroïquement. "Dans l’esprit de son Ordre
(les chanoines du Grand-Saint-Bernard, ndr), où chacun risque sa vie pour
arracher des hommes à la tempête, il demanda à partir au Tibet pour gagner
des hommes au Christ. Il commence par se faire Tibétain parmi les Tibétains, il aime ce pays qui devient sa seconde patrie".
Deux soeurs du nouveau bienheureux présentes à Rome
Le pape a ensuite rendu hommage à la famille de Maurice Tornay, dont
deux de ses soeurs survivantes - Anna, soeur de la Charité, et Marie avaient fait le voyage de Rome, malgré leur âge (plus de 80 ans), accompagnées de plusieurs neveux. "L’Eglise et le monde ont besoin de familles
qui, comme la famille Tornay, soient des creusets où les parents transmettent à leurs enfants les appels du Christ à la vie chrétienne, sacerdotale
et religieuse".
Jean Paul II a encore rappelé le dialogue respectueux qui existe désormais entre moines tibétains et moines catholiques, et évoqué le fruit que
la mission du Père Tornay a laissé au Tibet: la paroisse de Yerkalo est vivante. C’est un élève du Père Tornay, le Père Che Kuang Yong, l’unique élève du chanoine martyr qui, en raison de la persécution, a pu être ordonné
prêtre, qui dirige cette petite communauté catholique qui a subi les avatars de l’hostilité du milieu bouddhiste environnant et de la domination
communiste chinoise. (apic/be/ba)