Rome, 23 mars (APIC/CIP) Lors de l’audience générale de ce mercredi, qui se
déroulait dans la basilique Saint-Pierre, Jean Paul II a parlé de "la formulation de la foi de l’Eglise en Jésus-Christ".
Dans le cadre de son exposé de la foi d’après les premiers conciles, le
pape s’est arrêté cette fois à l’enseignement majeur du Concile de
Chalcédoine (451). A propos du mystère de l’Incarnation, ce concile affirme
qu’en la personne du Christ la nature divine et la nature humaine sont
unies sans que l’une absorbe l’autre. Avec la doctrine sur la personne
divine du Christ, qui a assumé la nature humaine, l’accent a été mis
également sur la dignité de l’homme en tant que personne et sur les
relations interpersonnelles. "C’est là, a dit le pape, le point de départ
d’un véritable renouvellement de la pensée sur l’homme. Ainsi,
l’Incarnation du Fils de Dieu est le modèle d’un nouvel ordre surnaturel
d’existence pour tous les hommes, mais aussi d’une anthropologie chrétienne
qui exalte l’homme comme personne au centre de la société."
Une conséquence de cette doctrine de Chalcédoine sera affirmée au IIIe
Concile de Constantinople (681). Ce concile condamnait l’hérésie d’une
seule volonté et d’une seule opération en deux natures du Christ. Il
définissait que, dans le Christ, il y a deux volontés naturelles et deux
opérations naturelles. "Ces volontés ne sont pas en contraste entre elles,
a expliqué le pape, mais telles que la volonté humaine est soumise à la
volonté divine."
L’enseignement des premiers conciles, a poursuivi Jean Paul II, met en
pleine lumière à la fois la divinité et l’humanité du Christ. C’est ainsi
que, d’un côté, le Fils de Dieu peut dire en tant que personne divine: "Le
Père et moi nous sommes un" (Jn 10, 30); et d’un autre côté, du fait qu’il
possède pleinement la nature humaine, il peut exprimer son obéissance au
Père et prier au jardin de Gethsémani en disant: "Que ta volonté soit faite
et non la mienne" (Lc 22, 42).
En concluant son exposé sur la christologie des grands conciles, Jean
Paul II a souligné que les formules conciliaires nous aident à mieux saisir
le mystère du "Verbe fait chair" annoncé par Saint Jean. (apic/cip/bd)