Rome, 16 mars (APIC/CIP) Lors de l’audience générale du mercredi 16 mars,
Jean-Paul II a poursuivi sa catéchèse sur le Christ, en commentant les
grandes définitions dogmatiques mises au point lors de quelques grands Conciles dès les premiers siècles dans l’histoire de l’Eglise.
En 325, le Concile oecuménique de Nicée - relayé ensuite par celui de
Constantinople - avait déjà précisé que Jésus-Christ est "Vrai Dieu et vrai
homme" et "de même nature que le Père", comme les chrétiens d’aujourd’hui
continuent de le proclamer dans le Credo de la liturgie.
En 431, le Concile d’Ephèse a pourtant dû revenir sur le sujet, face aux
affirmations de Nestorius, selon lequel Jésus serait tout au plus un être,
un Saint en qui Dieu est présent d’une manière particulière. Le Concile
d’Ephèse a souligné, rappelle Jean-Paul II, que Jésus est lui-même "Verbe
Eternel" de Dieu, qu’il est le "Fils engendré par le Père" et qu’il est "né
de la Vierge Marie", laquelle peut donc être déclarée légitimement "Mère de
Dieu" (ou "Theotokos" pour reprendre le terme grec original du Concile).
La "formule d’union" sur laquelle a débouché ce Concile d’Ephèse devait
encore préciser que Jésus est "Fils unique de Dieu", "Dieu parfait et homme
parfait". Voilà pourquoi les chrétiens n’hésitent pas à vénérer Marie comme
"Mère de Dieu"
En 451, le Concile de Chalcédoine, conformément à l’enseignement du pape
Léon le Grand (440-461), a fait un pas de plus dans la réflexion dogmatique. C’est à ce Concile, en effet, rappelle Jean-Paul II, que remontent
l’application des notions de "nature" et de "personne" au Christ. Voulant
montrer que Jésus est tout à la fois "Vrai Dieu et vrai homme", comme on
l’avait précisé à Nicée, le Concile de Chalcédoine a affirmé que dans le
Christ les deux natures divine et humaine étaient unies en une seule personne. Ce terme "personne" traduit, en fait, le terme grec "hypostasis"
(hypostase), qui semblait indiquer davantage la spécificité de l’Etre de
quelqu’un que le terme "prosopon", plus courant mais désignant plutôt l’apparence extérieure, le visage voire le masque de quelqu’un.
Au terme de ces explications, Jean-Paul II a observé que de nombreuses
générations de chrétiens avaient fondé leur adhésion ferme à Jésus-Christ
sur les formules vénérables héritées des Conciles du passé. Il a donc invité les fidèles d’aujourd’hui a renouveler leur foi en Jésus-Christ en
trouvant dans la clarté des définitions dogmatiques de l’Eglise la source
d’un "témoignage limpide et courageux". (apic/cip/bd)