Rome, 9 mars (APIC/CIP) Jean Paul II a poursuivi sa catéchèse sur le Christ
"Vrai Dieu et vrai homme", lors de l’audience du mercredi 9 mars, en évoquant les définitions conciliaires de la foi en Jésus-Christ.
Le pape a d’abord cité le Credo du Concile de Nicée (325) : "Nous
croyons en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique du Père, engendré, non pas créé, de même nature que le Père". Ce texte reprend les
principaux éléments de la christologie biblique. Ces éléments constitutifs
de la foi vivante de l’Eglise primitive, a-t-il dit, "étaient l’écho très
fidèle du témoignage des apôtres. Ceux-ci proclamaient que Jésus de Nazareth, fils de Marie, et donc véritablement homme, crucifié et ressuscité,
est le Fils de Dieu, le Seigneur, l’unique Sauveur du monde".
L’Eglise a gardé cette foi et l’a transmise à toutes les générations. Le
Concile de Nicée, a indiqué le pape, a constitué un événement important et
solennel, qui indiquait le chemin de la vraie foi à tous les disciples du
Christ, bien avant les divisions entre les chrétiens. L’importance de ce
Concile tient aussi au fait qu’il s’est réuni peu après que l’Eglise eût
acquis la liberté d’agir dans la vie publique sur tout le territoire de
l’Empire romain (édit de Milan, 313).
Le pape a aussi souligné que les Pères de l’Eglise, à l’époque
post-apostolique, marquée par les persécutions, répercutèrent avec une
grande énergie cette vérité sur le Christ reçue des apôtres face aux
hérésies naissantes, notamment Saint Ignace d’Antioche et Saint Irénée de
Lyon. Ce dernier, dans son célèbre Traité de réfutation des hérésies,
marque très bien le lien infrangible entre le mystère de l’Incarnation et
celui de la Rédemption : "Comment les hommes pourraient-ils être sauvés si
Dieu n’était pas venu sur terre réaliser leur salut? Comment l’homme
aurait-il pu aller vers Dieu si Dieu n’était pas venu vers l’homme?"
Dans le Concile de Nicée, l’Eglise a en même temps enseigné et défendu
la vérité sur la vraie humanité du Christ. Le pape Damase Ier, après le
Concile, écrivit encore aux évêques d’Orient pour les aider à combattre les
hérésies d’Arius, niant la divinité du Christ, et d’Apollinaire (le Christ
ne serait pas vraiment homme).
Les Conciles qui suivirent approfondirent cet enseignement, jusqu’à celui de Chalcédoine, qui a clairement défini que le Christ est vrai Dieu et
vrai homme. "Cette définition, a ajouté le pape, ne cesse d’être d’actualité, également aujourd’hui, ou d’anciennes et de nouvelles tendances à reconnaître Jésus seulement comme un homme, bien qu’extraordinaire, mais non
comme Dieu, se manifeste de diverses façons."
"Comme on le voit, a conclu le pape, la formulation de la doctrine
christologique fut une oeuvre laborieuse. Que l’Esprit Saint nous fasse la
grâce d’en découvrir toujours la profondeur et les richesses de lumière, de
vie, de salut."(apic/cip/bd)