Vatican : Appel du pape Jean Paul II pour la paix au Salvador (191189)
Rome, 19novembre(APIC) Le pape Jean Paul II a renouvelé dimanche à l’occasion de la prière de l’angelus son appel en faveur de la paix au Salvador
et exprimé ses profonds regrets pour les événements tragiques qui secouent
ce petit pays d’Amérique centrale. De son côté, la Conférence épiscopale
catholique des Etats a exprimé sa solidarité avec l’Eglise salvadorienne,
dont certains membres - notamment l’archevêque de San Salvador et son
auxiliaire - ont reçu des menaces de la part de médias contrôlés par le
pouvoir.
Le pape Jean Paul II a déploré que tant de sang soit injustement versé
et les mentionné les souffrances de tout le peuple salvadorien brisé et
sans protection. Le pape a lancé un appel aux parties en conflit afin
qu’elles instaurent à nouveau un climat de concorde et a rappelé dans sa
prière les six prêtres jésuites "assassinés de façon barbare" jeudi dernier
dans la capitale salvadorienne. Des témoins accusent les militaires d’avoir
profité du couvre-feu pour perpétrer ce crime dans l’enceinte de l’Université catholique centro-américaine (UCA).
Stopper l’aide militaire américaine
De son côté, Mgr Daniel E. Pilarczyk, nouveau président de la Conférence
des évêques américains, a condamné l’assassinat des six jésuites, de la
cuisinière de la communauté et de sa fille, et assuré l’Eglise salvadorienne de la solidarité de l’Eglise catholique des Etats-Unis. Mgr Pilarczyk
rappelle dans sa lettre à Mgr Rivera y Damas, archevêque de San Salvador,
que les évêques américains ont à nouveau demandé au gouvernement américain
de tout faire pour défendre les droits de l’homme et d’aider à ce que ceux
qui ont commis ces crimes (contre les six jésuites) soient jugés.
Les évêques américains ont à plusieurs reprises dans le passé demandé de
stopper l’aide de leur gouvernement au Salvador, qui se monte à près de 3,6
milliards de dollars depuis 1980. Cette aide est essentiellement affectée à
des buts militaires et rappelle à l’Eglise américaine non seulement l’assassinat de Mgr Romero, en mars 1980, mais également l’enlèvement et l’exécution par l’armée gouvernementale de quatre religieuses nord-américaines
en décembre de la même année. (apic/kna/cic/be)