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    Mise à jour d’un système éprouvé

    Valais: nouvelle loi Eglises-Etat soumise au peuple le 5 avril (250392)

    Sion, 25 mars(APIC) Rien de vraiment neuf dans la nouvelle loi EglisesEtat soumise au peuple valaisan le 5 avril prochain. Le système de financement actuel est maintenu mais reçoit quelques améliorations. Une base

    juridique plus solide est donnée aux rapports entre les Eglises et l’Etat

    dans le canton. L’importance de l’enjeu est lié à deux aspects: la définition de ce qu’on entend par "frais de culte" et la possibilité pour le canton d’accorder des subventions aux Eglises pour les tâches d’intérêt public

    ou réalisées en collaboration avec l’Etat.

    Le 10 juin 1990, le peuple valaisan avait accepté une modification de la

    Constitution cantonale qui enterrait une première modification constitutionnelle de 1974 prévoyant la création de communes ecclésiastiques et

    l’instauration d’un impôt de culte obligatoire. Ces dispostions, face au

    refus du parlement cantonal, n’avaient jamais été mises en vigueur. La votation du 5 avril sera ainsi la dernière étape d’un "chemin de croix législatif" selon l’expression du Conseiller d’Etat Richard Gertschen.

    La loi régissant les rapports entre les Eglises et l’Etat (LREE) du 13

    novembre 1991 est appelée à remplacer une législation existante, mais lacunaire et dépassée. Elle règle l’application des dispostions de l’article 2

    de la Constitution cantonale. Elle donne au sytème de financement des paroisses par les communes municipales une base légale plus complète que celle actuellement en vigueur. L’ancien système de financement des Eglises locales, c’est-à-dire la prise en charge subsidiaire des frais de cultes des

    paroisses par les communes est maintenu. La LREE respecte ainsi les réalités historiques valaisannes.

    Le principe de l’égalité de traitement est respecté en accordant un statut identique, un statut de droit public, à l’Eglise catholique romaine et

    à l’Eglise réformée évangélique. Cette loi est respectueuse de l’autonomie

    des entités qu’elle entend régir Eglises, communes et paroisses. Enfin elle

    garantit mieux que par le pasé la liberté de conscience et de croyance.

    La notion de "frais de culte" précisée

    La nouvelle législation détaille les notions de "moyens propres" et de

    "frais de culte" des Eglises locales, compte tenu du fait que l’ensemble de

    ceux-ci n’est pas obligatoirement pris en charge subsidiairement par les

    communes municipales. L’article 6 énumère les différentes ressources

    pouvant être considérées comme moyens propres. Les articles 7 et 8

    définissent les frais de cultes et de personnel. La loi précise notamment

    que ceux-ci comprennent les salaires des prêtres et des laïcs engagés dans

    la pastorale paroissiale et régionale (secteurs).

    La LREE prévoit également que des subventions peuvent être allouées par

    l’Etat lorsqu’une tâche exécutée par les Eglises reconnues sert en même

    temps l’intérêt public: assistance aux déshérités, formation d’adultes,

    formation de personnes s’occupant d’accompagement des malades et des

    mourants, pastorale des étrangers etc. Dans la mesure où la majorité des

    citoyens recourt un jour ou l’autre gratuitement à ces services, ceux-ci

    sont assimilés à d’autres institutions sociales suventionnées par l’Etat.

    Autonomie des Eglises, des communes et des paroisses

    La loi rappelle les principes constitutionnels de liberté de conscience,

    de croyance et de libre exercice des cultes. Les Eglises bénéficient de

    l’automomie quant à leur doctrine, leur culte, leur organisation et leur

    administration.

    Les communes conservent leur autonomie quant au mode de financement subsidiaire des frais de cultes: conventions, voie budgétaire, prélèvement

    d’un impôt du culte. Deux solutions sont possibles. Par la voie du budget

    ordinaire, les communes peuvent prélever l’argent nécessaire au fonctionnement paroissial en prévoyant la réduction correspondante de l’impôt communal pour les citoyens qui ne désirent pas contribuer aux frais de culte des

    Eglises reconnues. Autre solution, les communes peuvent prélever un impôt

    ecclésiastique, elles ne sont que six à le faire aujourd’hui, en respectant

    les mêmes conditions quant à la liberté religieuse.

    La répartition des contributions pour le culte se fera sur la base d’un

    registre des adhérents établi par la commune. Ce registre n’est pas à la

    disposition des paroisses afin de préserver les droits de la personnalité.

    La personne qui ne désire pas contribuer doit pouvoir le faire à travers

    une simple demande d’exonération.

    Les socialistes craignent en effet que ne soit établi ainsi et rendu

    public un "registre des mécréants" ou un "registre des pratiquants", notions peu compatibles avec la liberté individuelle en matière de religion.

    Les paroisses peuvent elles-même choisir la façon de régler leurs relations avec les communes municipales. (apic/id/mp)

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