Valais: messe chrismale à Sion (090493)
Sion, 9avril(APIC) La traditionnelle messe chrismale du diocèse de Sion
s’est déroulée jeudi saint à la cathédrale de Sion. Une célébration riche
en symboles, présidée par le cardinal Henri Schwery, durant laquelle l’évêque du diocèse de Sion, s’appuyant sur le thème des montées vers Pâques
dans le diocèse, a mis en garde, au seuil du troisième millénaire, contre
les faux prophètes et exhorté chacun à la confiance en Dieu. Les trois premiers diacres permanents du diocèse ont en outre reçu l’"admissio", l’acceptation officielle et liturgique par l’Eglise diocésaine de leur demande
d’être ordonnés pour son service. Le cardinal Schwery était notamment assisté de Mgr Paul Vollmar, évêque auxiliaire de Coire.
Dans son homélie, le cardinal Schwery a réfléchi sur le sens de la "folie de Dieu" que proclament les jeunes du diocèse durant ces jours qui précèdent Pâques. "L’incarnation est déjà une folie. Folie d’amour qui porte à
un degré sublime ce que nous devinons très imparfaitement dans les élans
généreux d’hommes et de femmes qui pratiquent l’héroïsme jusqu’à renoncer
aux amours humaines pour pouvoir aimer en actes les hommes les plus démunis, les lépreux, les victimes de la drogue, du sida ou de la guerre".
Cette folie, a poursuivi le cardinal, qui invite à l’espérance... qui
est "une sagesse de Salut, non seulement à très long terme, pour l’éternité, mais dès maintenant comme une orientation bienheureuse dans un monde
déboussolé". Un monde "déboussolé par les malheurs permanents des guerres
auxquelles s’ajoute en cette fin de millénaire une forme nouvelle de violence, le terrorisme"; "par les techniques qu’on n’est plus sûr de pouvoir
maîtriser - énergie nucléaire, chimie et écologie, biotechnologique et biogénétique -"; "par des fléaux comparables à la peste de sinistre mémoire:
la dépendance de la drogue et la menace du sida".
Diagnostic sûr et remède infaillible
Face à ce monde, "notre diagnostic est sûr", a affirmé Mgr Schwery: "Ce
que les hommes appellent sagesse sombre tôt ou tard dans la folie si l’on
ne fait pas la part de Dieu, si l’on refuse les critères de moralité qui ne
sont absolus qu’en Dieu". Malheureusement, la folie des hommes ne sera pas
guérie par la folie des faux prophètes, perceptible en particulier dans
"l’offensive des sectes". Condamnant "la tentation de la superstition sous
toutes ses formes", le cardinal Schwery a mis en garde: "Cette folie pénètre sournoisement tous les milieux", même les milieux chrétiens. Face à
cette folie, un "remède infaillible": l’état de grâce, qu’"on peut et doit
reconquérir par le sacrement du pardon". Un remède, hélas, "boudé par la
majorité des fidèles".
Les chrétiens ne doivent-ils pas alors s’interroger sur leur propre attitude? Quand "on admet sans hésiter comme fondées les critiques émises par
certains médias sur l’enseignement de l’Eglise, alors qu’on ne lit ni
n’écoute les messages du pape dans leur intégralité"? Quand, au lieu de
vivre avec foi les liturgies paroissiales, "on est à l’affût des messages
particuliers de certains visionnaires"? Car, a souligné l’évêque, "les témoins du Ressuscité témoignent d’une autre Vie qui a vaincu la mort, qui
vaincra le monde et qui dès maintenant est source d’espérance à nulle autre
pareille. Folie aux yeux du monde, elle est en fait la seule Sagesse".
Le cardinal Schwery a béni les saintes huiles, l’huile des malades,
l’huile des catéchumènes et le Saint-Chrême, avant de donner le coup d’envoi des montées vers Pâques dans le diocèse, en remettant à un représentant
de chacune d’elles une bougie et un message d’espérance et d’encouragement:
"A travers vos questions, laissez-vous conduire vers Sa réponse". (apic/idpr)