Valais: les Valaisans appelés à se prononcer sur une (080690)
Une solution qui satisfait catholiques et protestants
Sion, 8juin(APIC) Les Valaisans seront appelés dimanche 10 juin à se prononcer en votation populaire sur trois objets qui concernent deux lois sur
les forces hydrauliques et sur les bourgeoisies ainsi que sur une modification de la Constitution au chapitre des relations Eglise-Etat, modification
pour laquelle tant l’Eglise catholique romaine que l’Eglise évanglique réformée sont favorables. Il s’agit de supprimer la notion de communes ecclésiastiques, qui avait suscité, lors de la révision des disposition en 1974,
pas mal de réticences.
La religion catholique était religion d’Etat en Valais jusqu’en 1974.
Cette année-là, le statut de personne juridique de droit public est reconnu
à l’Eglise catholique romaine et à l’Eglise évangélique réformée. Quant aux
autres confessions, elles sont soumises aux règles du droit privé. Les dispositions révisées en 1974 prévoyaient en outre que les confessions reconnues de droit public "s’organisent en communes ecclésiastiques ou en associations de communes ecclésiastiques".
Cette dernière notion, qui a suscité un certain nombre de réserves au
Grand Conseil, aurait de surcoît impliqué l’instauration d’un nouveau système fiscal. Les réticences du Grand Conseil pouvaient se réumer en trois
points: "La création obligatoire de communes ecclésiastiques ne tient pas
compte des réalités historiques valaisannes"; "La mise en place et l’organisation ecclésiastiques des communes ecclésiastiques se révèlent trop compliquées"; "L’instauration inéluctable d’un nouveau système fiscal généralisé dans le canton ne soulève qu’objections et réticences, dès lors que le
système actuel de financement des Eglises donne satisfaction, même si l’on
admet généralement que la révision de la règlementation embryonnaire actuelle doit être entreprise".
Le nouvel article constitutionnel soumis au peuple dimanche ne fera que
"légaliser une situation qui existait déjà de fait en Valais", explique le
chanoine Norbert Brunner, administrateur diocésain. Ce qui est nouveau,
souligne-t-il, se résume en deux point: "Pour autant que les revenus des
paroisses ne suffisent pas à couvrir les frais de culte, ces derniers seront pris en charge par les communes"; "L’Etat peut allouer des subsides".
En d’autres termes, poursuit le chanoine Brunner, "si autrefois le salaire
des curés était assuré, pour les autres charges, cela donait lieu à des
discussions avec les communes. D’être accepté, ce nouvel article constitutionnel permettrait non seulement la prise en charge du salaire du curé,
mais aussi celle de toutes les autres personnes qui travaillent dans le ministères, les agents pastoraux, les laïcs engagés dans l’Eglise, les
dircteurs de choeurs. Il y a donc amélioration pour les paroisses".
Du côté de l’Eglise évangélique réformée, on se déclare également satisfait. pour le pasteur Daniel Gander, Cela donne à l’Eglise protestante un
"appui légitime par équité de ce qui se faisait pour l’Eglise catholique et
par rapport aux services rendus à la collectivité". "Jusqu’à présent, relève-t-il, le tiers de nos besoins matériels étaient pris en charge par des
Comité d’Eglises évangéliques réformées d’autres cantons. Ce projet de loi
va donc dans le sens d’une autonomie, mais aussi d’un appui supplémentaire". Le pasteur Gander s’insurge contre certaines positions visant à accréditer l’idée que ce nouveau système est dangereux pour l’autonomie des
Eglises et que leur indépendance se verrait ébréchée: "Ce projet n’est pas
un oreiller de parresse pour nous. Les prêtres et les pasteurs ne seront
pas des fonctionnaires pour autant ni des employés. On ne se démobilisera
pas pour autant". (apic/pr)