Valais : le temps de l’après-schisme (310788)
Valais, 31juillet(APIC) Un mois après l’ordination par Mgr Marcel Lefebvre de quatre évêques intégristes le 30 juin à Ecône, la grande majorité
des Valaisans restent fidèles à leurs choix; le schisme, s’il a entraîné
des ruptures encore douloureuses à vivre et une réelle déception chez les
chrétiens, ne fait pas peur : il n’est, à les entendre, que la
régularisation d’une situation qui dure depuis douze ans.
Dans les paroisses c’est la souffrance et le soulagement : souffrance de
voir des frères se séparer, soulagement quant à une fin, le schisme, que
l’on attendait : "Que les intégristes se séparent de Rome, au moins les
choses sont claires !". Le dialogue, déjà difficile avant le 30 juin, est
devenu impossible : parlant de Mgr Lefebvre et des siens, l’Abbé
Louis-Ernest Fellay, curé de Verbier et cousin de Bernard Fellay, ordonné
le 30 juin, déclare : "On ne peut pas dialoguer avec eux, ils se renferment
sur eux-mêmes". Le schisme a donc renforcé les positions.
Du côté catholique on affirme rester ouvert à un possible rapprochement.
La situation dans les deux camps, Louis-Ernest Fellay la résume très justement par cette exclamation lorsqu’il évoque les intégristes : "J’ai de la
miséricorde pour eux, non du mépris !". Les Valaisans font le douloureux
apprentissage du pluralisme religieux.
Quel avenir pour les intégristes ?
Le mouvement intégriste a-t-il un avenir ? Pour l’Abbé Fellay il est une
"branche morte" parce que coupée du tronc de l’Eglise catholique; la sève
finira par lui manquer et il s’éteindra de lui-même. A Riddes, où le schisme divise les familles depuis douze ans, on est persuadé du contraire : "Si
Mgr Lefebvre ordonne des évêques et si les intégristes tiennent des écoles,
c’est que le mouvement va durer".
Dans la capitale les réactions sont plus mitigées : seul un "noyau dur"
subsistera; on voit dans la nouvelle Fraternité Saint-Pierre, si celle-ci
est reconnue par Rome, une "passerelle entre les intégristes et l’Eglise de
Vatican II", le lieu prévilégié de la reprise du dialogue.
Provoqués au témoignage
La détermination des intégristes provoque les fidèles catholiques à
témoigner plus visiblement de leur foi et à s’engager plus résolement dans
l’Eglise post-conciliaire. le triduum de prière qui a réuni fin juin autour
de Mgr Henri Schwéry, évêque de Sion, dans la basilique de Valère des fidèles venus de tout le diocèse a constitué une expérience de communion ecclésiale très forte; la réponse massive à l’appel de l’évêque s’est révélée
très positive : elle a manifesté visiblement l’unité de l’Eglise catholique
avec son pasteur. Un tel rassemblement a amené une prise de conscience plus
grande de l’identité catholique et des responsabilités qu’elle implique. Le
clergé, de son côté, s’est appliqué à expliquer et à clarifier la situation.
Un regard réaliste
Le schisme n’a pas modifié les priorités pastorales : en réalité la
question touche peu les fidèles valaisans, elle n’est pas première dans
leur esprit : "les intégristes sont une minorité, il y a des problèmes plus
importants". La confiance domine. Les Valaisans ne dramatisent pas, il portent sur le phénomène d’Ecône le regard réaliste de la foi. (Geneviève Cornet/apic)