Valais: l’évêque rencontre les missionnaires en congé (300892)
Ayent, 30août(APIC) "On n’est pas missionnaire tout seul!": Cette exclamation de Soeur Marie-Gérard, ursuline de Sion en mission en Côte d’Ivoire,
dit le sentiment ressenti par les missionnaires valaisans en congé samedi
29 août à Ayent. Leur rencontre annuelle avec l’évêque de Sion, le cardinal
Henri Schwery, organisée par les centres missionnaires d’Ayent, Arbaz et
Grimisuat sous l’impulsion de la Fédération des centres missionnaires valaisans a permis à chacun de vivre un temps fort de retrouvailles et de
partage. De se redire aussi, à la suite de l’évêque, qu’être missionnaire,
chez soi ou au loin, c’est d’abord annoncer Jésus-Christ dans l’humilité.
Une vingtaine de missionnaires pour un tour du monde, de la Guadeloupe à
l’Indonésie: c’est le pari qu’ont réussi les organisateurs et le président
de la Fédération des centres missionnaires valaisans, Jean-François Cretton. Prêtres, religieux et religieuses en pays de mission ont présenté leur
travail concret auprès des plus pauvres et partagé leurs enthousiasmes et
leurs souffrances. Guadeloupe, Côte d’Ivoire, Cameroun, Tchad, Sénégal, Madagascar, Indonésie, autant de lieux où crie la misère, autant de lieux où
vivre au quotidien, dans le coude-à-coude avec les indigènes, une présence
d’Eglise. Différence des témoignages, même joie de servir les pauvres, visages de l’Autre, celui qui nous dépasse" et envoie en son nom.
Le jeune David Vuignier, de retour de Calcutta, a dit en des mots tout
simples sa première expérience missionnaire, vécue dans le mouroir de Mère
Teresa: "Je suis parti pour aider et découvrir une autre culture, je suis
revenu enrichi". Le témoignage de Soeur Sabine, franciscaine malgache qui
se prépare à partir au Tchad, a redit avec force l’universalité de l’Eglise. Si en Amérique latine on place toute son espérance dans la confirmation
par la prochaine assemblée du CELAM (Conseil épiscopal latino américain) de
l’option préférentielle pour les pauvrees, adoptée en 1979 à Medellin, au
Tchad on se prépare à laisser la place aux forces ecclésiales locales; si à
Madagascar l’accent est mis sur la formation de religieuses autochtones,
les soeurs présentes de Bornéo assurent avec difficulté une présence chrétienne en terre musulmane. Mais c’est avec courage que les missionnaires
regardent vers l’avenir, dans des Eglises jeunes et dynamiques où les laïcs
s’engagent toujours plus nombreux. Des misssionnaires habités par le même
souci: la promotion de l’homme et la défense de sa dignité.
La mission, enrichissement mutuel
"Etre missionnaire c’est aider les peuples différents des Eglises différentes s’enrichir mutuellement à découvrir des manières différentes de vivre l’Evangile (...), aider les Eglises à rester ouvertes au monde et aux
Eglises: ces trois aspects de la mission, révélés par le Père Bernard Joinet, Père Blanc, dans son livre "Le Soleil de Dieu en Tanzanie!" ont servi
de fil rouge à la discussion en groupes de travail autour des missionnaires. L’occasion pour chacun d’un échange plus personnel et d’une réflexion
plus approfondie. Et si le missionnaire était à la fois "poête et prophète", comme l’a suggéré le Frère Maurice Leiggener de la Société des missionnaires d’Afrique? Un témoin, pour le Père Jean-Pierre Babey, capucin,
"qui ouvre les yeux et son coeur".
Pour Mgr Schwery, qui pour l’occasion avait laissé tomber la pourpre
cardinalice - avec vous je suis baptisé - , la mission s’incarne, elle se
dit dans une culture; elle n’est pas qu’une oeuvre de développement, elle
est annonce d’une Bonne Nouvelle, travail au nom de Jésus -Christ. La mission pour ceux qui restent, c’est construire l’Europe de demain". Comment ?
En acceptant de partager non seulement notre argent, mais la pauvreté de
l’autre. Etes-vous prêts à partager la pauvreté des Portugais?", a-t-il
lancé à l’adresse des Suisses. L’évêque a enfin relevé la nécessité de relier foi et politique, foi et option préférentielle pour les pauvres, foi
et développement: car la mission est en même temps partage des réalités
terrestres et annonce du Royaume de Dieu.
La Mission, école d’humilité
La messe, célébrée par le cardinal Schwery, a rassemblé dans l’église de
Saint-Romain la population d’Ayent, Arbaz et Grimisuat. La déroration de
l’autel par les jeunes et la préparation des trois chorales paroissiales
ont fait de cette célébration un moment fraternel. L’évêque a rappelé que
l’humilité est la pierre de touche de toute oeuvre missionnaire: une humilité qui consiste à "reconnaître que c’est Dieu que nous annonçons et à
mettre ses compétences à son service". Etre missionnaire c’est promouvoir
la justice et le partage, défendre les minorités et la dignité de l’homme
"au nom de Jésus-Christ". Il a exhorté chacun à "garder vive la flamme missionnnaire" à la suite de Marie.
L’exposition "Afriques": "un coup de poing"
Les photographies de l’exposition intitulée "Afriques" étaient exposées
durant toute la rencontre. Des clichés noir-blanc réalisés par Gust Beekmanns, Père Blanc, tout au long de quarante années de reportages en Afrique
pour la revue "Vivant Univers". L’exposition, dans "un style dépouillé,
parfois provocateur", se veut un "lieu de rencontre, un lieu qui favorise
le regard sur la différence" et qui met la personne au centre de toutes les
recherches. Elle circule actuellement en Suisse. Un livre de présentation a
été édité. Le titre est déjà tout un programme: "Afriques". Une exposition,
un rêve, une oeuvre d’art, une cause à défendre". (apic/id/cor/ba)