Valais: Dans la foulée du Rassemblement de Bâle (191189)
Sion, 20novembre(APIC) L’esprit du Rassemblement de Bâle de Pentecôte
1989 commence à passer dans les mentalités. Deux conférences, organisées
par le mouvement franciscain en Valais, données le 15 novembre à Sion et le
lendemain à Martigny par le Frère Raniero Cantalamessa, capucin de Milan et
prédicateur auprès de Jean Paul II, en sont un signe. Axée sur saint François d’Assise, cette conférence a permis de faire ressortir un François
d’Assise dans sa mission: mettre le monde en état de fraternité et de louange. Frère Raniero Cantalamessa donnera une troisième et dernière conférence mercredi soir 22 novembre1.
Au temps de saint François (1182-1226), "sont frères ceux qui pensent
comme nous, ceux qui ont la même foi". François lit l’évangile dans une
nouvelle perspective: tout homme est frère, y compris le brigand et le sarrazin mais aussi toute créature, le soleil, la terre, l’eau et même le ver
de terre. Pour lui, il ne peut pas y avoir d’ennemi. Cette attitude n’est
pas le résultat d’un heureux caractère. François est un homme nouveau libéré par le Christ et il vit dans une relation nouvelle au milieu de ce monde. Dans la lumière de la révélation, François fait l’expérience que tout
vient de la même source, le coeur du Créateur, et tout doit retourner à
cette source-louange.
Nourri des psaumes et des grands cantiques de la Bible, François veut
mettre le monde en état de louange. C’est le point de départ de son cantique des créatures. Tout être est appelé à la louange de son Seigneur. Cette
attitude de saint François s’enracine dans la lettre de saint Paul aux Romains (chap. 8): la création livrée à la vanité de l’homme aspire à la liberté des enfants de Dieu pour devenir louange du Seigneur. Cette louange
n’est pas de l’accidentel, c’est en elle que se réalise l’unité de l’homme
et de la création. Dès lors les créatures, la nature, ce n’est plus seulement un "objet" à exploiter; elles sont destinées à la gloire de Dieu à
travers et avec l’homme-pèlerin.
La réponse de l’homme, celle que François nous indique: l’usage de ce
monde dans une attitude de pauvreté (ne pas devenir des voleurs des dons de
Dieu) et la contemplation ("Et Dieu vit que tout cela était très bon").
Ces conférences ont en outre été marquées par les interventions de quatre personnes engagées dans la recherche pratique de la protection de la
nature: Georges Zufferey, président de la Ligue valaisanne pour la protection de la nature; Charles Darbellay, directeur de la Station fédérale
d’essai (les Fougères, près de Sion); Gérald Bianco, président de "Cultival"; Benoît Dorsaz, membre de "Vitival".
Organisateur de la conférence, le mouvement franciscain valaisan est une
des sections du mouvement romand du même nom qui groupe des laïcs de tous
âges et de toutes conditions sociales. Organisé sur un plan romand en sections cantonales, ce mouvement compte environs 1500 membres. (apic/jpb/pr)
1) Le Chable (VS), aula du collège, à 20h.30.