USA: le pape n’a exprimé aucun soutien aux organismes aidant (160987)
San Antonio, 16septembre(APIC) Selon M. Joaquin Navarro Valls, porte-parole du Vatican, le pape Jean Paul II, par ses déclarations en faveur des
réfugiés venant d’Amérique latine, n’a "en aucune manière" apporté son soutien au mouvement venant en aide aux réfugiés considérés comme illégaux par
le gouvernement américain, mouvement oecuménique soutenu également par de
nombreuses communautés catholiques. Joaquin Navarro Valls, interpellé à San
Antonio par des responsables américains de l’immigration, a déclaré que le
pape, dimanche, dans son allocution sur les réfugiés, n’avait fait que rappeler aux catholiques la nécessité de tirer les conséquences du message de
compassion et de charité de l’Evangile. Il n’a voulu en aucun cas apporter
ainsi son soutien à certaines organisations qui violent la loi en hébergeant des réfugiés illégaux, a-t-il précisé.
Le pape avait lancé un appel aux catholiques américains pour qu’ils fassent bon accueil aux immigrés et avait félicité "les personnes de grand
courage et de grande générosité qui ont fait beaucoup pour les frères et
soeurs souffrants arrivant du Sud". "Ils ont manifesté leur compassion face
à des réalités humaines, sociales et politiques complexes", avait-il poursuivi. D’aucuns avaient vu là une allusion transparente à des personnalités
catholiques, membres du mouvement du "Sanctuaire" assignées devant les tribunaux par la justice américaine pour avoir hébergé des réfugiés Salvadoriens et Guatémaltèques que l’administration Reagan se refuse à considérer
comme de vrais réfugiés. Le mouvement du "Sanctuaire" affirme agir légalement, les étrangers d’Amérique Centrale étant théoriquement protégés par le
Refugee Act de 1980 et par le Protocole de l’ONU sur le statut des réfugiés
de 1967.
Sur une base oecuménique, un petit groupe d’églises américaines a commencé à offrir un "sanctuaire" aux réfugiés d’Amérique Centrale au printemps 1981. Le 24 mars 1982, le "Sanctuary Movement" a été rendu public
lorsque plusieurs églises en Arizona et en Californie ont annoncé leur intention d’héberger les réfugiés centro-américains considérés comme illégaux. Depuis, le mouvement s’est étendu à tout le continent nord-américain.
Aux Etats-Unis, ses membres - dont l’activité est considérée comme illégale
- subissent le harcèlement du FBI et plusieurs ont déjà été condamnés à des
peines d’emprisonnement. (apic/kna/be)