de l’Agence "Novosti" contre l’Eglise catholique ukrainienne
Rome, 22 janvier 1988 (APIC/CIP) Au lendemain de la confirmation par Moscou
qu’une visite pastorale de Jean-Paul II en URSS était à exclure, l’Agence
soviétique "Novosti" vient de lancer de virulentes attaques contre l’Eglise
catholique ukrainienne qui est restée fidèle à Rome et qu’on appelle, pour
cette raison, "uniate".
L’occasion de ces attaques est une intervention d’un sénateur américain
lors d’un débat télévisé. Monsieur Moinehan a plaint devant les caméras "la
pauvre Eglise catholique ukrainienne, qui est dépouillée de ses droits" et
a proposé à ses interlocuteurs soviétiques de reconnaître légalement cette
Eglise.
La réplique de l’Agence "Novosti" se trouve contenue dans un article intitulé "L’Eglise uniate ukrainienne: faits et méfaits". L’Agence commence
par nier l’existence d’une Eglise catholique ukrainienne. Selon l’Agence,
"il s’agit là d’une invention des milieux cléricaux ukrainiens de l’étranger, là ou ont trouvé refuge les "nationalistes" ukrainiens qui ont collaboré avec les occupants nazis". "Il ne s’agit, selon l’Agence, que de
"franges marginales" de l’ex-Eglise "uniate" (grecque catholique)".
Selon "Novosti", "les vrais fondateurs de l’Eglise uniate ont été les
jésuites et l’élite féodale polonaise, qui imposèrent à la population de
l’Ukraine et de la Biélorussie occidentales une nouvelle doctrine religieuse à l’occasion du soi-disant Concile de Brest". La diffusion de cette
doctrine se fit "par la terreur, la violence et la tromperie".
"Durant de nombreuses années, ajoute l’agence soviétique, la hiérarchie
uniate s’est mise au service de la monarchie austro-hongroise et de
l’aristocratie polonaise, consacrant toute son activité à exploiter le travail de la population. Dans les années noires du nazisme, cette hiérarchie,
guidée par le métropolite Andrej Sheptitskij, se mit de même au service de
l’envahisseur, qui exploita les structures ecclésiastiques dans l’intérêt
du "nouvel ordre" nazi".
L’agence cite à ce sujet une lettre pastorale du métropolite Andrej du 5
juillet 1941 : "Selon la volonté du Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux
s’ouvre une ère nouvelle pour notre patrie", paroles par lesquelles le
métropolite saluait la victoire de l’armée allemande "qui nous a libérés de
l’ennemi".
Evoquant les activités des "traîtres et nationalistes ukrainiens
employés par les services secrets nazis dans sa lutte contre l’Etat soviétique", l’agence soviétique cite à l’appui de ses dires un témoignage entendu au procès de Nuremberg, selon lequel "les organes de répression nazis
recevaient régulièrement des informations sur les patriotes et les citoyens
soviétiques qui tentraient d’échapper au génocide nazi ou à la déportation
de la part du métropolite et de son entourage".
"Aujourd’hui, explique l’agence, les leaders uniates et nationalistes de
l’étranger font tout ce qu’ils peuvent pour se distancer de leur ex-patron
nazi". L’agence cite un autre épisode qui concerne "la 14e division S.S.
qui n’aurait pas combattu pour Hitler, mais pour l’Ukraine et pour la
défense de la religion chrétienne". Mais, ajoute l’agence, "les faits
restent les faits: il suffit de rappeler le serment de cette 14e division,
que prêtaient entre autres les aumôniers uniates, qui était un serment de
fidélité au Führer..."
(apic/cip/bd)
(a suivre)