Moscou, 1ermai(APIC) Pour la première fois de son histoire, la "Revue du
patriarcat de Moscou" consacre un long article biographique à un évêque orthodoxe russe, le métropolite Seraphim (Tchitchagov), disparu lors des purges staliniennes, à l’âge de 84 ans, dans des circonstances qui jusqu’à
présent n’avaient jamais été élucidées.
C’est seulement en octobre dernier, lors de la révision du procès entreprise à la demande de la famille, que la procurature de la région de
Moscou a fait savoir que l’évêque avait été fusillé le 11 décembre 1937
dans la cour de la prison de la Taganka à Moscou, quelques semaines après
son arrestation survenue sur ordre du NKVD, la police politique de Staline.
L’article précise que le métropolite Seraphim, qui avait déjà été arrêté
entre 1922 et 1926 et déporté alors dans le nord de la Russie, a été réhabilité le 10 novembre 1988.
Né en 1853 dans une famille de la noblesse, le métropolite Seraphim
avait abandonné une carrière militaire pour entrer dans les ordres sous
l’influence de son directeur spirituel, le père Jean Serguiev, entré dans
l’histoire de la spiritualité russe sous le nom de Jean Kronstadt. Auteur
de la chronique du monastère de Diveevo et d’une "Vie de Seraphin de Sarov", il fut à l’origine de la canonisation du saint moine en 1903. Ordonné
évêque en 1905, il s’était vu dans l’obligation de se démettre de sa charge
après la révolution de février 1917 en raison de ses positions politiques
jugées trop conservatrices. Au retour de sa première arrestation, en 1928,
il fut nommé métropolite de Leningrad par le remplaçant du locum-tenens du
trône patriarcal, le métropolite Serge (Stragorodski), dont il avait approuvé la déclaration de loyauté envers le nouveau régime. Mis à la retraite en 1933, il passa les dernières années de sa vie près de Moscou jusqu’à
son arrestation en novembre 1937. (apic/sop/pr)