URSS : sept canonisations dans l’Eglise orthodoxe (100288)
Moscou/Rome, 10février(APIC/CIP) Dans le cadre du Millénaire du baptême
de la Russie, le Synode de l’Eglise orthodoxe russe procèdera à la canonisation de sept parmi ses grandes figures, celles, entre autres, du Prince
Dimitri du Don (14e siècle) et du moine et peintre bien connu Andrei
Roublev. La cérémonie aura pour cadre la prestigieuse Eglise Sainte-Sophie
à Moscou.
La dernière canonisation de l’histoire de l’Eglise orthodoxe russe date
de juillet 1903. Il s’agit de celle de Seraphim, un moine mort en 1833, qui
eut lieu en présence de la famille impériale et d’une foule nombreuse de
fidèles.
Faut-il attribuer les prochaines canonisations à une sorte de "perestroika" au plan religieux ? Le quotidien socialiste romain "La Repubblica", qui livre l’information, rappelle en tout cas que lors de la signature
de l’accord sur le désarmement à Washington, en décembre dernier, Mikhaïl
Gorbatchev avait eu l’occasion d’évoquer la célébration du Millénaire de la
christianisation de la Russie.
Le quotidien italien se base à ce sujet sur des informations reprises de
la revue "La Pensée russe", éditée à Paris. Selon celle-ci, Mikhaïl Gorbatchev aurait, lors de son séjour à Washington, rencontre des intellectuels
tant Russes qu’Américains en présence du métropolite orthodoxe russe Kirill
Filaret de Minsk, le responsable du Département des Relations extérieures
du Patriarcat de Moscou. Interrogé à cette occasion sur la situation religieuse en URSS, Mikhaïl Gorbatchev a, selon la revue, évoqué le Millénaire
du baptême de la Russie, qualifiant ce jubilé de "grand événement". Ajoutant qu’il est possible qu’on se fasse une fausse idée de cette situation,
il aurait assuré que celle-ci était normale.
Mikhaïl Gorbatchev, affirme "La Repubblica", se serait alors tourné vers
le métropolite Filaret, l’invitant à compléter son information et, concrètement, de parler du nombre des baptêmes et des mariages religieux. Affirmant qu’il est difficile de fournir des statistiques précises, le métropolite, pressé par Mikhaïl Gorbatchev, confirma qu’on pouvait parler d’un
phénomène de masse, précisant toutefois que tous les baptêmes et mariages
religieux n’étaient pas enregistrés.
Le métropolite Filaret, précise encore "La Repubblica", exprima également sa reconnaissance aux autorités pour l’attention qu’elles accordent à
l’Eglise. Et de conclure, après avoir signalé comme preuve de leur bienveillance que plusieurs monastères avaient été restitués à l’Eglise : "La
perestroika se manifeste également au plan religieux." (apic/cip/bd)