URSS : selon le cardinal Franz König, (280389)
Les conséquences de la "Perestroïka"
Salzbourg, Vienne, 28mars(APIC) C’est un jugement différencié, mais fondamentalement positif que porte le cardinal Franz König, sur la politique
de "perestroïka" de Mikhaël Gorbatchev et ses conséquences en matière de
liberté religieuse en Union soviétique. Dans un commentaire livré au journal de Salzbourg "Salzburger Nachrichten", l’archevêque émérite de Vienne,
connu pour sa politique d’ouverture à l’Est, relève qu’en URSS, il y a des
changements spectaculaires au plus haut niveau, mais pas toujours auprès
des fonctionnaires subalternes.
Ces changements positifs ont pu en effet être constatés dans l’attitude
des dirigeants soviétiques lors des festivités du Millénaire du Baptême de
la Russie l’année passée ou lors de la restitution des églises et des couvents à l’Eglise orthodoxe. Cependant, relève-t-il, "les fonctionnaires
subalternes du parti ne sont pas encore au courant de la nouvelle attitude
en matière de liberté religieuse et de conscience".
Le cardinal König souligne également qu’en Union soviétique la peur est
encore un très gros obstacle pour de nombreux croyants. Les personnes âgées
et d’âge moyen, en raison de leurs expériences lors de la persécution religieuse sous Staline et Khrouchtchev, sont pleines de méfiance, alors que la
jeune génération veut d’abord attendre pour voir comment se développent les
événements. Pour faire disparaître l’incertitude, la peur et le soupçon
chez les croyants, "il faudra encore beaucoup de patience et de temps", a
déclaré le cardinal König. Mais d’un autre côté, il ne faut pas sous-estimer les conséquences à long terme de la politique de perestroïka comme le
montre l’attitude positive en la matière dans le document final de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe (CSCE) signé récemment
à Vienne.
Mgr König considère personnellement le nouveau cours qu’impriment la
"perestroïka" et la "glasnost" comme "quelque chose de passionnant à l’intérieur et à l’extérieur des pays de l’Est". "Il est de notre intérêt à
tous" qu’un tel processus compliqué et qui transforme profondément à
différents niveaux tous les domaines de la vie n’échoue pas. La méfiance
mutuelle entre l’Eglise et l’Etat ne peut certainement être que lentement
surmontée. Mais les signes d’un profond renouveau religieux sont partout
visibles, ce qui est pour l’Occident d’une grande signification, conclut
l’archevêque émérite de Vienne. (apic/kpr/bd)