URSS : Près de 3’000 nouvelles paroisses orthodoxes en 1989 (080190)
Moscou, 8janvier(APIC) Près de 3’000 paroisses russes-orthodoxes ont été
réouvertes ces trois dernières années en Union soviétique, a déclaré le métropolite Vladimir de Rostov lors d’une récente rencontre rassemblant les
70 évêques de l’Eglise russe-orthodoxe, et elles seraient passé de 6’893 à
9’734.
Le nombre de prêtres a quant à lui augmenté de 6’674 à 8’100, les diocèses de 67 à 70 et les monastères de 21 à 35. Le nombre des séminaires et
autres écoles de l’Eglise a presque quadruplé (de 5 à 19), tandis que le
nombre des étudiants a quasiment doublé (de 1’999 à 3’948). Un rapport financier présenté aux évêques mentionne un déficit de plus d’un million de
roubles pour les neuf premiers mois de l’année dernière, tandis que les dépenses budgetées pour l’année atteignaient presque les 15 millions de roubles.
Pour l’Institut oecuménique "Glaube in 2. Welt" (G2W) à Zollikon (ZH),
qui reconnaît qu’il est difficile d’avoir des statistiques fiables, les
3’000 nouvelles paroisses enregistrées l’ont été ces trois dernières années
: seulement 16 nouvelles paroisses en 1987, 800 en 1988 et 2’200 environ en
1989. Avec l’ouverture des séminaires de Kiev, Minsk et Tobolsk à la fin de
l’année dernière, l’Eglise russe-orthodoxe compte désormais six séminaires
et deux académies théologiques à Leningrad et Zagorsk, avec en tout quelque
4’000 étudiants. On compte, toujours selon G2W, près de 4’000 paroisses
protestantes (luthériennes, réformées et baptistes) ainsi qu’une centaine
de communautés juives, 700 communautés musulmanes et 6 bouddhistes.
Les discriminations contre les chrétiens demeurent
La situation des chrétiens d’Union soviétique, malgré la "glasnost et la
perestroïka", est toujours loin d’être rose, et les discriminations contre
les croyants n’ont pas disparu, comme le confirme l’hebdomadaire soviétique
les "Nouvelles de Moscou". Dans son édition du 3 décembre dernier, le journal donne la parole à deux prêtres orthodoxes russes - Serge Popov et Michel Ardov - qui reconnaissent les gestes significatifs des actuels dirigeants soviétiques à l’égard de l’Eglise, mais soulignent qu’il y a encore un grand décalage entre la Constitution soviétique qui proclame l’égalité des citoyens quelles que soient leurs convictions religieuses et la
réalité au quotidien.
Serge Popov relève que pendant des décennies, les croyants ont été frappés de discriminations professionnelles et sociales. Des secteurs entiers
leur sont toujours interdits, en particulier dans l’enseignement et l’administration, à tel point que cette situation semble dans l’esprit de beaucoup devenue une norme, précise le prêtre, qui voit dans cette réaction le
résultat de l’endoctrinement idéologique du passé.
Compromissions du passé : la hiérarchie main dans la main avec l’Etat
Toujours dans le même article des "Nouvelles de Moscou", le Père Michel
Ardov insiste notamment sur la nécessité de redéfinir la place du prêtre,
trop longtemps tenu en dehors de la société et transformé en simple serviteur du culte. Selon lui, la situation présente est le résultat des facteurs historiques qui ont conduit la hiérarchie de l’Eglise russe-orthodoxe
à accepter un compromis avec le pouvoir quand, en 1927, "le métropolite
Serge a été obligé de publier sa tristement célèbre déclaration où il proclamait publiquement que les intérêts de l’Eglise et de l’Etat qui, à
l’époque, combattait violemment la religion, étaient identiques : ’Vos
joies sont nos joies’".