URSS : lettre ouverte des dissidents (030889)
Moscou, 3août(APIC) Les membres du Comité de rédaction du "Bulletin de
l’opinion chrétienne", publication non censurée par les autorités, ont envoyé au secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE) Emilio
Castro une lettre ouverte à l’occasion de la réunion du Comité central qui
a eu lieu à Moscou du 16 au 26 juillet. Dans cette lettre, ils décrivent
une situation réelle du pays différente de la version officielle et demandent au pasteur Castro de les aider à acquérir une machine offset pour imprimer leur bulletin car ils ne disposent d’aucune imprimerie.
Les rédacteurs rappellent tout d’abord que pendant 70 ans de pouvoir
soviétique, la religion a été persécutée dans leur pays. Ils reconnaissent
ensuite que la perestroïka a déjà eu une influence positive sur les
relations entre le pouvoir et l’Eglise, mais trouvent que ces changements
ne sont pas encore assez sérieux et irréversibles.
Même si des centaines d’églises ont été réouvertes, de nombreuses communautés locales n’ont pas encore reçu l’autorisation d’ouvrir leur lieu de
culte. Les auteurs de la lettre se plaignent également du fait que la loi
sur la liberté de conscience soit élaborée en secret. Ils exigent que le
projet soit discuté en public, comme le prévoit la loi de 1987, et veulent
recevoir une réponse au projet de loi préparé de son côté par le quatrième
séminaire de la communauté chrétienne indépendante à Moscou en mars 1989.
Les rédacteurs du "Bulletin de l’opinion chrétienne" - sorte de samizdat
circulant librement - dénoncent en outre le fait que la machine offset
qu’ils avaient reçue d’Angleterre n’ait pas pu être dédouanée et demandent
au secrétaire général du COE de les aider à en obtenir une nouvelle. De
plus, ils insistent sur le droit pour les prêtres de pouvoir assurer une
présence partout dans le pays - y compris dans les hôpitaux, asiles, prisons et camps de concentration - ce qui n’est pas le cas actuellement.
Ils attendent enfin du secrétaire général qu’il les aide à obtenir une
réponse au projet de loi sur la liberté religieuse, soit de l’Etat, soit de
l’Eglise. (apic/spi/mg)