"Nécessité catégorique" d’une coexistence
Moscou, 12décembre(APIC) Le président du Département pour les relations
extérieures du Patriarcat de Moscou, le Métropolite Cyrille de Smolensk et
de Kaliningrad, a émis des réserves quant au rétablissement de l’Eglise
ukrainienne-catholique en URSS. Ce que l’on appelle l’"Union" - le rattachement à Rome d’Eglises particulières de l’Est - des Eglises de l’Est rattachées à Rome - "n’est pas un moyen d’unité, il comporte en plus le danger
de nouvelles séparations" a-t-il déclaré à l’agence Kathpress. "Mais il
existe un autre aspect de la question: ce sont les droits de l’homme et la
liberté religieuse"
Le Métropolite s’est déclaré "profondément convaincu que chaque être humain a le droit de prier comme il l’entend, et les lois du pays doivent garantir ce droit". "Sans toutefois reconnaître théologiquement l’Union, je
suis convaincu qu’il est nécessaire de donner aux catholiques ukrainiens de
rite oriental la possibilité de prier selon leur tradition" a-t-il souligné.
Pour le président du Ministère du Département pour les relations extérieures de l’Eglise russe-orthodoxe, la "question essentielle" est de savoir comment ce "processus" devra se dérouler, "afin qu’il ne blesse pas
sans remède les relations entre orthodoxes et catholiques et n’engendre pas
de nouvelles séparations confessionnelles qui apportent avec elles de nouvelles souffrances". Ces questions doivent être "soigneusement étudiées
dans notre dialogue avec l’Eglise catholique". "Il faut, pour arriver à une
solution acceptable pour les deux parties prendre en compte les aspirations
des deux Eglises et dépasser des malentendus séculaires".
"Séparer les problèmes religieux et nationaux"
Le Métropolite Cyrille a attiré l’attention sur le fait que dans la partie occidentale de l’Ukraine "les problèmes religieux et nationaux sont
très étroitement liés". Il faut travailler à séparer ces problèmes. "Je
sais que c’est très difficile, mais possible lorsque la bonne volonté y
est" a-t-il constaté avant de conclure: "De la solution à ces problèmes dépend l’avenir des orthodoxes et des catholiques de notre pays".
La "perestroïka" a ouvert de nouvelles possibilités d’action en URSS, a
ajouté le Métropolite. La société Soviétique est aujourd’hui "ouverte à une
participation active des chrétiens à la solution des problèmes existants".
Justement, comme les Eglises d’Union Soviétique "vivent dans un Etat
sécularisé", il s’ensuit pour elles la "nécessité catégorique" de
coexister. L’avenir du christianisme en URSS dépendra essentiellement de
l’attitude des chrétiens : ils ont le choix de vivre cette ouverture dans
un esprit de collaboration fraternelle ou dans une atmosphère de conflits
interconfessionnels. (apic/kpr/cor)