URSS: les grévistes de la faim d’Ivanovo (080589)
Mgr Lustiger visite le Comité chrétien qui lutte pour la restitution
Moscou, 8mai(APIC) Malgré leurs promesses solennelles, les autorités soviétiques d’Ivanovo n’ont pas encore restitué l’église confisquée par
l’Etat dans les années trente et pour laquelle des femmes appartenant à
l’Eglise orthodoxe russe avaient entamé une grève de la faim du 20 mars au
6 avril dernier. Elles ont lancé dimanche 7 mai un appel au cardinal
Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, qui a rendu visite à deux d’entre
elles à leur domicile de Moscou. Les deux militantes orthodoxes ont révélé
que rien n’a encore été entrepris pour la restitution de leur église.
L’église, qui jusqu’à maintenant servait de dépôt pour les archives,
doit être rendue au culte, avait annoncé l’agence soviétique Tass, mardi 11
avril. Un groupe de travail qui doit organiser la restitution de l’église
dans les plus brefs délais a déjà été constitué.
Le cardinal Lustiger abrège son voyage en signe de protestation
"Les autorités veulent faire croire que l’église a été rendue, mais on a
trompé le monde, car nous n’avons jusqu’à maintenant rien obtenu", ont-elles déclaré au cardinal Lustiger, qui a interrompu son séjour en URSS pour
protester contre l’interdiction qui lui a été faite de se rendre en Ukraine. L’archevêque de Paris, qui se trouve en URSS depuis le 30 avril, devait
séjourner jusqu’à jeudi 11 mai au pays des soviets, mais il est rentré plus
tôt que prévu le lundi 8. Le cardinal, qui avait été invité par le Patriarcat de Moscou, a déjà visité Leningrad, ainsi que Riga, en Lettonie, Vilnius et Kaunas, en Lituanie.
Le 20 mars dernier, quatre femmes russes-orthodoxes d’Ivanovo, une ville
industrielle au nord-est de Moscou, avaient commencé une grève de la faim
et avaient été très rapidement hospitalisées de force. Bien que le Conseil
pour les Affaires religieuses auprès du Conseil des Ministres de l’Union
soviétique se soit prononcé pour la restitution de cette église, les autorités de la ville d’Ivanonvo s’y étaient refusées. Au début du mois
d’avril, dix chrétiens russes-orthodoxes s’étaient joints à cette grève de
la faim à Moscou. "Une voix venant du monde libre en cette affaire pourrait
être déterminante", ont déclaré au cardinal Lustiger les militantes orthodoxes, qui ont été accusées par les autorités d’être payées par les services secrets américains (CIA). L’une des grévistes de la faim, Valeria Savtchenko, a révélé que son mari avait été convoqué par le KGB et qu’elle-même
avait perdu son emploi. Le cardinal Lustiger a promis de s’engager en leur
faveur. (apic/kna/be)