URSS: le Patriarcat de Moscou accorde (311090)
Faire front à la progression de l’Eglise autocéphale ukrainienne
Moscou, 31octobre(APIC) C’est pour faire face au climat anti-russe et à
la progression de l’Eglise autocéphale ukrainienne que le Patriarcat de
Moscou russe a accordé à l’Eglise orthodoxe ukrainienne "l’indépendance et
l’autonomie administrative". Cette décision a été prise lors d’une assemblée des évêques orthodoxes russes tenue à la fin de la semaine dernière au
couvent Danilov de Moscou sous la présidence du patriarche Alexis II.
Par cette décision, les évêques veulent réagir contre la volonté d’indépendance de la population ukrainienne, son attitude anti-soviétique et son
refus de la suprématie de Moscou, toujours plus sensibles dans la seconde
plus grande République d’URSS. Ces tensions touchent également le domaine
religieux. Un nombre croissant de fidèles de l’Ukraine occidentale ont rejoint l’Eglise gréco-catholique ukrainienne, qui vient d’être reconnue, et
l’Eglise ukrainienne orthodoxe autocéphale.
Au printemps dernier déjà, le Patriarcat de Moscou avait accordé une
certaine autonomie à son exarchat de Kiev et permis la liturgie et la formation théologique en langue nationale pour échapper à l’accusation d’être
un "instrument de russification". Cette autonomie signifie pour les évêques
d’Ukraine qu’ils pourront régler eux-mêmes des affaires comme les nominations épiscopales et l’élection des métropolites et échapper à l’influence
de Moscou. Le métropolite Philarète de Kiev continuera à participer aux séances du Saint-Synode à Moscou en tant que seul représentant de la nouvelle
Eglise orthodoxe ukrainienne.
L’évêché rendu aux uniates le 1er novembre
L’Eglise gréco-catholique ukrainienne (uniate) rentrera le 1er novembre
en possession de son évêché, situé à proximité de la cathédrale Saint-Georges, après une décision du Conseil municipal de Lvov. C’est à cette date
que chaque année les Ukrainiens honorent la mémoire de tous ceux qui ont
donné leur vie pour le bien de leur peuple. Les catholiques rappellent à
cette occasion la mort du métropolite Andrej Scheptytzky, décédé le 1er novembre 1944, et considéré comme le père de l’Eglise catholique ukrainienne
moderne. Mgr Wolodymyr Sterniuk célébrera à cette occasion une messe d’action de grâce dans la cathédrale Saint-Georges.
La restitution de la cathédrale Saint-Georges et de la résidence de
l’évêque était l’un des principaux points de divergence entre l’Eglise
catholique ukrainienne et l’Eglise orthodoxe russe. Cette dernière avait
refusé de rendre ces bâtiments en dépit d’une décision prise le 6 avril par
le Soviet municipal de Lvov. C’est au terme de nombreuses discussions que
la cathédrale a été rendue aux uniates le 16 août dernier.
L’Eglise autocéphale ukrainienne, quant à elle, n’a jamais été reconnue
comme une Eglise autonome par le Patriarcat oecuménique de Constantinople,
qui considère cependant comme valables les consécrations épiscopales au
sein de cette Eglise. Selon les dernières estimations, elle compte quelque
600 églises et 200 à 300 prêtres.
Le gouvernement de la République d’Ukraine a rendu à l’Eglise catholique
l’église Saint-Alexandre de Kiev. Une église et deux bâtiments ecclésiaux
ont également été rendus à l’Eglise gréco-catholique (uniate), a annoncé
mercredi Radio-Vatican, qui reprenait une nouvelle de l’agence soviétique
Tass. Le gouvernement a posé une condition à la restitution: que les communautés s’occupent de l’entretien des bâtiments. Les autorités ukrainiennes
ont en outre décrété que la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev, "qui a une
importance historique et culturelle certaine", ne sera mise à disposition
pour des cérémonies religieuses que "dans des cas exceptionnels". (apickpr/cor)