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    URSS : la "perestroïka" touche aussi les Eglises (220488)

    Une interview du président du Conseil pour les affaires religieuses

    Rome, 22 avril (APIC/CIP) "Le millénaire de l’évangélisation de la Russie

    n’intéresse pas seulement l’Eglise, mais la société tout entière, car le

    baptême de 988 et la christianisation ont été un événement important pour

    toute la nation russe" : c’est ce que déclare dans une interview publiée

    jeudi par le quotidien italien "Il Messagero", Konstantin Kharcev, le

    président du Conseil pour les affaires religieuses d’Union Soviétique.

    Konstantin Kharcev rappelle que des célébrations seront organisées dans

    le monde entier à l’occasion du jubilé, suite à une résolution de l’UNESCO

    dont l’initiative revient à l’URSS. Il sera personnellement présent à la

    liturgie solennelle qui aura lieu le 5 juin dans la cathédrale patriarcale

    de Moscou. Le praesidium du Soviet suprême donnera une réception en

    l’honneur des invités, ce qui signifie une participation de représentants

    du gouvernement, souligne Konstantin Kharcev. Il ne précise pas quelles

    seront les personnalites présentes, mais assure que la réception sera "d’un

    haut niveau".

    Une nouvelle législation pour les Eglises

    Interrogé sur les relations entre l’Eglise et l’Etat, le président du

    Conseil pour les affaires religieuses signale qu’on est en train de

    travailler à parfaire la législation ecclésiastique qui date de 1929 et est

    "dépassée".

    Konstantin Kharcev illustre le changement d’attitude de la part des

    autorités soviétiques en prenant un exemple, celui de la diffusion de la

    Bible. "On a longtemps jugé qu’il n’était pas opportun que des Bibles

    soient importées de l’étranger, dit-il. On estimait aussi qu’il n’était pas

    nécessaire que tous connaissent la Bible. Ces dernières années, nous avons

    imprimé 400.000 Bibles, et ce chiffre est médiocre. Cette année, l’Etat a

    fait imprimer 100.000 exemplaires. Quand le pape a proposé d’en envoyer

    50.000, nous avons accepté cette offre." Le responsable soviétique précise

    que le pape a adressé à ce sujet une demande officielle, en se basant sur

    le texte des accords d’Helsinki.

    A propos de la révision de la législation sur les cultes, Konstantin

    Kharcev signale que son examen a dejà été entamé et que "la perestroïka" a

    fait naître des idées nouvelles. Il faudra néanmoins attendre encore "un

    certain temps". Entretemps, dit-il, la volonté existe de procéder à une

    démocratisation en adaptant l’ancienne législation. Un exemple : une expérience de volontariat qui fera appel aux croyants sera prochainement

    tentée dans les hôpitaux de Moscou.

    La nouvelle législation devra de même régir la catéchèse. Des prêtres

    l’assurent dejà dans certains zones, affirme le responsable soviétique,

    bien qu’elle ne soit pas prévue par les dispositions actuelles.

    La "perestroïka" n’est pas un boulevard

    Le journaliste a lu dans la revue idéologique du Parti communiste

    soviétique que les droits constitutionnels tant des croyants que des athées

    doivent être respectés, et qu’en conséquence qu’une "attitude soupçonneuse"

    à l’égard des croyants n’est plus de mise. Konstantin Kharcev confirme :

    "C’est la position officielle du Parti, dit-il. Mais il faut aussi se

    rendre compte que la "perestroïka" est une route qui n’est pas encore

    asphaltée. Il y a encore des tensions, et cela affecte aussi les rapports

    entre l’Etat et l’Eglise. Il y a des gens qui ne veulent pas des réformes,

    et il faut en être bien conscient."

    Les relations entre Moscou et le Vatican

    Question obligée : quid d’un éventuel voyage de Jean Paul II à Moscou ?

    Konstantin Kharcev assure n’en rien savoir : "Cela dépend du gouvernement.

    Le pape est un chef d’Etat et, hélas, nous n’entretenons pas de relations

    diplomatiques avec le Vatican. Le pape ne reconnait pas non plus les frontières de l’Union Sovietique. Il considère que les Réubliques baltes sont

    des territoires occupés."

    Longtemps le Vatican a fait également de la propagande anti-soviétique,

    ajoute Kharcev, qui admet toutefois que la tendance actuelle est à une amélioration des relations, une évolution qui "ne dépend pas seulement de

    l’Union Soviétique, mais aussi du pape".

    Le cardinal Agostino Casaroli, secrétaire d’Etat du Vatican, est par

    contre le bienvenu à Moscou, et il a d’ailleurs été invité par le

    patriarche à venir aux célébrations du millénaire. "Nous espérons qu’il

    viendra avec d’autres représentants du Vatican", ajoute-t-il. Son

    interlocuteur lui demandant si le cardinal aura la possibilité de se rendre

    en Lituanie et en Ukraine, il répond : "Si je vous invite à mon anniversaire et que vous posez déjà des exigences quant à la qualité du vin, j’estime

    que ce ne serait pas très aimable de votre part."(apic/cip/ym)

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