URSS : L’optimisme du premier évêque des (080889)
Rome, 8août(APIC/CIP) C’est "probablement un grand pas en avant", une
avancée qui "est liée sans aucun doute à la nouvelle politique menée en
URSS", a déclaré à "La Stampa" de Turin Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, nommé le
25 juillet administrateur apostolique pour le diocèse de Minsk, en Biélorussie (Russie Blanche).
Agé de 43 ans, Mgr Kondrusiewicz, qui a reçu l’ordination sacerdotale à
l’âge de 35 ans, est le premier évêque nommé en Biélorussie depuis la seconde guerre mondiale. Son prédécesseur, Mgr Sloskans nommé sur le siège de
Minsk en 1926, fut aussitôt traqué par la police secrète, la trop fameuse
Guépéou, pour avoir reçu clandestinement l’ordination épiscopale, et condamné aux travaux forcés en 1927. Il fut envoyé en camp de concentration,
libéré, à nouveau arrêté et déporté en Sibérie. Renvoyé en Lettonie en
1933, après avoir connu dix-sept prisons et camps de travail, il parvint à
échapper miraculeusement à une rafle de l’Armée Rouge, mais pour être cette
fois victime du régime nazi. Ce n’est qu’après la capitulation allemande
qu’il arriva en Belgique où, à la demande de Pie XII, il prit en charge la
pastorale des réfugiés lettons. Il résida à l’abbaye du Mont-César à Louvain de 1951 à sa mort, en 1981.
Vers de nouveaux pas
Dans l’interview, réalisé à Grodno, où il était jusqu’ici curé, le
nouvel évêque de la capitale de la Biélorussie voit dans sa nomination "un
événement d’importance mondiale". A propos de l’Eglise catholique en URSS,
il parle d’"un processus très dynamique et rapide actuellement en cours".
Rien qu’en Biélorussie, révèle le nouvel évêque, plus de trente églises
ont été restituées aux fidèles au cours des 18 derniers mois, après avoir
servi notamment de dépôts. La cathédrale de Minsk, qui devrait être
instamment restituée, était ainsi le siège d’une association sportive.
Mgr Kondrusiewicz est optimiste quant à une normalisation des rapports
entre l’Eglise et l’Etat en Union Soviétique. En outre, l’homme de la rue,
fût-il athée, voit beaucoup d’aspects positifs dans cette évolution, comme
en témoignent, selon l’évêque, "des mariages mixtes entre catholiques,
d’une part, orthodoxes et non croyants, d’autre part". Quand sera prête la
nouvelle loi devant régler les rapports Eglise-Etat, "et nous espérons que
cela sera le cas dès que possible, ajoute-t-il, nous aurons accompli un
nouveau pas sur le chemin de la normalisation". Mgr Kondrusiewicz énumère
quelques-uns des changements tant attendus : la reconnaisance à l’Eglise
catholique de la personnalité juridique, la modification des normes d’enregistrement des communautés et de nouvelles dispositions rendant
possible l’enseignement religieux en paroisse.
L’administrateur de Minsk se doute bien que sa tâche sera délicate. Il y
a en Biélorussie une grande disproportion entre le nombre des églises
restituées et des communautés aujourd’hui actives - environ 140 - et le
nombre de prêtres - tout au plus 63. "Ce sera un travail difficile, très
difficile, dit-il. Et c’est pourquoi j’espère que nous aurons bientôt notre
séminaire."
Désormais responsable de tous les catholiques de rite latin de
Biélorussie, Mgr Kondrusiewicz, est conscient de sa tâche de pasteur. Il
cite à ce propos Saint Augustin : "Pour vous je suis évêque, avec vous je
suis chrétien". (apic/cip/mg)