Moscou, 29janvier(APIC) Daté du 29 décembre 1988, un arrêté du Conseil
des ministres de l’URSS concernant la réglementation de la production des
coopératives privées qui ont commencé à apparaître depuis deux ans dans le
cadre des réformes économiques en cours, énumère les formes d’activités industrielles et artisanales qui demeurent interdites au citoyens soviétiques, dont l’artisanat religieux.
A côté de l’interdiction de toute production ou commercialisation de
films vidéos, de l’interdiction de construire des appareils de reprographie
et de reproduire des textes imprimés à caractère scientifique, littéraire
ou artistique, on relève aussi l’interdiction de "fabriquer et restaurer
les icônes, les objets de culte ou à caractère religieux, de confectionner
les cierges (à l’exception des bougies d’agrément)".
Sur l’ensemble de ces points, le nouveau décret ne fait que reprendre
les limitations imposées par le statut de l’artisanat adopté en 1977 et qui
rendait illégale toute forme d’artisanat religieux. Les observateurs estiment cependant, en raison des conditions actuelles d’assouplissement du
marché, que cette situation ne peut finalement que renforcer le monopole
sur la production d’objets religieux obtenu ainsi de facto par les institutions religieuses officielles. En particulier par le patriarcat de Moscou
qui possède depuis 1980 une usine de confection d’objets religieux à Sofrino, près de Moscou, et plusieurs fabriques de cierges diocésains. Cette situation, relèvent-ils, peut également faciliter le contrôle exercé en la
matière par l’Etat. (apic/sop/pr)