Bruxelles, 30septembre(APIC) Des centres destinés à recevoir des orphelins et des malades victimes de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl ont
été créés par l’Eglise orthodoxe russe dans les monastères de Pochaev en
Ukraine et de Jirovitz, en Biélorussie, révèle dans sa dernière édition la
"Lettre du Foyer Oriental Chrétien" à Bruxelles.
Un an et demi après la catastrophe, le nombre des victimes a considérablement augmenté. Les autorités locales ne s’opposent plus à l’existence de tels centres, qui s’organisent avec l’aide de l’Eglise et de la
population, poursuit la revue. On permet ainsi que des moniales et des moines en soient chargés, car les parents refusent souvent de garder ces enfants. Un évêque a déclaré à ce sujet à une délégation de chrétiens étrangers : "Cette tragédie a aidé l’Eglise a commencer cette action philantropique que l’Etat refusait jusqu’à présent". L’Eglise en Union Soviétique
est en effet confinée à la sacristie et ne peut s’engager dans des oeuvres
sociales ou d’éducation.
D’autres signes de détente sont relevés par le "Foyer Oriental
Chrétien". Ainsi le Père Gleb Yakounine, un dissident religieux libéré en
avril dernier, a été rétabli dans ses fonctions et s’est vu confier une paroisse située à quelque 35 kilomètres de Moscou. Suspendu de ses fonctions
ecclésiastiques en 1966, il avait fondé en 1976 un Comité chrétien non officiel pour la défense des croyants. Il avait été arreté en 1979 et condamné en 1980 à cinq ans de camp de travail et à cinq ans d’exil intérieur.
D’autre part, selon des responsables de l’Eglise orthodoxe, douze nouvelles
églises ont été ouvertes ou construites en 1986 et dix-sept déjà au cours
des 6 premiers mois de cette année. Le sanctuaire d’Anzer aux iles Solovki,
ou fut emprisonné Mgr Sloskans, a été restitué à l’Eglise, ainsi que le monastère Donskoi à Moscou. Le mois dernier, une chorale de jeunes flamands
de l’Institut Saint-Martin d’Alost, en Belgique, a été invitée par l’ambassade soviétique à Bruxelles à aller chanter dans des églises de Moscou, Leningrad et Vilnius à l’occasion du six-centième anniversaire de l’évangélisation de la Lituanie. On rapporte aussi qu’il est beaucoup plus facile de
passer la douane avec des livres religieux. (apic/be)