Le cardinal Poupard: la démocratie est "une exigence éthique"
Moscou, 23mai(APIC) Construire la démocratie: c’est la priorité indiquée
par le cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour le dialogue avec les non-croyants, lors de l’ouverture mercredi à Moscou d’un
colloque organisé par son dicastère et par le Comité soviétique pour la sécurité et la collaboration européenne. Ce colloque, qui s’achèvera vendredi
24 mai, a pour thème "Démocratie et valeurs morales".
C’est la troisième fois qu’un tel colloque est organisé ces dernières
années, après ceux de Budapest et de Klingenthal (Strasbourg). De telles
rencontres, a souligné le cardinal français dans son discours, sont "la
preuve que, malgré les inévitables difficultés de parcours, nos chemins
convergent lentement dans la recherche de la paix, de la justice et de la
liberté dans le monde, c’est-à-dire d’une authentique démocratie".
"Après les bouleversements de 1989 en Europe centrale, après des années
de transformation profonde mise en oeuvre en URSS sous le signe de la perestroïka, la construction d’une authentique démocratie est assurément la
tâche la plus urgente et la plus belle qui s’offre aux peuples d’Europe",
a-t-il poursuivi.
Le cardinal Poupard a observé que "vu l’immense poids d’animalité,
d’égoïsme et de barbarie qui pèse sur l’homme, et le fait que la part
d’instinct et d’irrationnel est encore plus grande dans l’existence collective que dans l’existence individuelle (...), la démocratie a besoin d’une
force spirituelle supérieure pour se réaliser et se maintenir".
Pour le cardinal français, la démocratie est "une exigence éthique" qui
"appelle une éducation aux valeurs" et qui "honore dans la société civile
la liberté religieuse au coeur de toutes les libertés".
A propos du voyage du pape en URSS
Le premier ministre italien Giulio Andreotti se trouve également en visite à Moscou. L’agence italienne AGI rapporte à ce propos un échange qu’il
a eu avec Mikhaïl Gorbatchev. "Je crois que les liens nouveaux qui se sont
créés permettront probablement au Saint-Père de visiter prochainement
l’Union Soviétique. Nous sommes en train d’y travailler avec notre ambassadeur (ndlr: au Vatican). Il y a malgré tout toujours des problèmes, tant de
choses restent à faire", a déclaré le président soviétique. (apic/cip/jtpr)