Unité des chrétiens en Inde: le difficile chemin (030991)
New Delhi, 3septembre(APIC) Le projet d’une "Eglise unie de Jésus-Christ
en Inde" qui regrouperait l’Eglise de Mar Thoma, l’Eglise de l’Inde du sud
et celle de l’inde du Nord, semble aujourd’hui confronté à des obstacles
apparemment insurmontables. Les deux églises protestantes s’étant prononcées pour l’ordination des femmes, l’Eglise de Mar Thoma se refuse à les
suivre.
L’initiative du rapprochement, prise dès 1952, est à mettre au crédit de
l’Eglise de Mar Thoma du Kerala, de rite syrien. Née en 1875, cette Eglise
de Mar Thoma ou Eglise syrienne réformée, est l’héritière d’une Eglise séparée de Rome depuis 1653. Rejetée par les Portugais parce que non latine,
elle passait ensuite au monophysisme en faisant allégeance aux jacobites
d’Antioche. De cette Eglise mère sont nées au cours des siècles, différentes branches, toutes se réclamant de l’apôtre saint Thomas.
Les deux autres Eglises impliquées dans les négociations sont deux importantes fédérations protestantes: l’Eglise de l’Inde du Sud depuis 1947
et l’Eglise de l’Inde du Nord depuis 1970, rassemblent plusieurs "dénominations". Celle du Sud couvre l’Inde dravidienne et le Sri Lanka; celle du
Nord s’étend sur tout le reste de l’Etat indien.
Pendant près de 25 ans, à une époque où l’oecuménisme avait le vent en
poupe, les trois Eglises progressèrent régulièrement dans leur recherche de
l’unité. En 1976 cependant apparurent les premières difficultés: les marthomites commençaient à se poser des questions concernant l’avenir de leur
patrimoine - propriétés, institutions, organisation intérieure - dans le
cadre éventuel d’une structure élargie. En 1978 pourtant, l’Eglise de Mar
Thoma se déclara de nouveau prête à négocier, et un Conseil conjoint fut
alors chargé de définir les modalités de l’unification. On en était arrivé
à un consensus sur le donné de la foi et les Ecritures, à la pratique de
l’intercommunion du Conseil tripartite aurait dû, en 1990, mettre la dernière main à la rédaction d’un accord définitif d’union entre les trois
communautés.
Mais, entre temps, les deux Eglises protestantes se sont prononcées en
faveur de l’ordination des femmes. L’Eglise de Mar Thoma se refuse à les
suivre dans cette initiative. L’élan vers l’unité semble donc aujourd’hui
brisé: l’assemblée conjointe de 1991, qui s’est tenue à Delhi au cours du
mois de juillet, a eu des résultats décevants. Elle n’a duré que deux
jours; l’Eglise du Sud de l’Inde n’y avait envoyé que 10 délégués, soit le
tiers de sa représentation normale.
Un synode de l’Eglise marthomite a réexaminé ensuite les conditions de
la poursuite d’un dialogue. Le Conseil conjoint pourrait continuer à
exister comme forum d’échanges en vue d’action communes, mais on n’envisage
plus, semble-t-il, d’unité organique entre les trois Eglises. (apic/edasjb)