Union soviétique: Un bel avenir pour l’Eglise catholique (010991)
Interview de Mgr Kondrusiewicz, administrateur apostolique à Moscou
Rome/Rimini, 1erseptembre(APIC) L’Eglise catholique a, selon Mgr Tadeusz
Kondrusiewicz, un bel avenir en Union soviétique. Nommé en avril dernier
administrateur apostolique à Moscou, chargé de la partie européenne de la
République de Russie, Mgr Kondrusiewicz est optimiste à propos d’une visite
pastorale de Jean Paul II en URSS : "Nous l’attendons, en espérant qu’il
pourra venir bientôt".
L’administrateur apostolique de Moscou, présent au "Meeting pour l’amitié entre les peuples" organisé à Rimini par le mouvement "Communion et Libération", commente dans l’édition de samedi du quotidien catholique
italien "l’Avvenire" les récents événements survenus en Union soviétique et
la situation de l’Eglise catholique en Russie.
Un "signe de Dieu"
Evoquant les événements qui ont ébranlé l’Union soviétique lors du coup
d’Etat des conservateurs, Mgr Kondrusiewicz affirme : "Je suis un homme de
foi. Les prêtres russes et les catholiques qui ont participé aux manifestations racontent qu’ils ont ressenti comme un ’signe de Dieu’ le brouillard
qui s’est mis à tomber sur la ville au moment même où l’on attendait l’attaque, empêchant l’intervention d’hélicoptères et d’avions qui auraient pu
bombarder le Parlement russe".
A son avis, les récents événements vont encore accélérer les changements
en cours concernant l’Eglise catholique en URSS. "On a assisté ces deux ou
trois dernières années à un véritable essor spirituel et de la foi. On a
constaté un intérêt énorme pour l’Eglise catholique, surtout chez les jeunes. A Grodno, (diocèse de Biélorussie dont l’archevêque est originaire),
le nombre des personnes qui communient est de deux fois et demi plus important, les baptêmes ont triplé, les mariages religieux doublé". Le fait
qu’il se soit trouvé, parmi les quelque 80’000 jeunes Soviétiques qui se
sont rendus à Czestochowa voir le pape Jean Paul II à l’occasion de la 6ème
Journée mondiale de la Jeunesse, au moins 10’000 en provenance de la seule
ville de Moscou, est une preuve patente de cet intérêt, constate Mgr Kondrusiewicz.
Catéchisme à Moscou dès septembre
Depuis sa nomination à Moscou en avril dernier, Mgr Kondrusiewicz rappelle que l’on trouve désormais six paroisses dans la partie européenne de
la Russie, desservies par six prêtres, tandis que quarante autres attendent
d’être enregistrées, que quinze prêtres sont prêts à prendre en charge.
Dès ce mois-ci (septembre) s’ouvre à Moscou un cours de catéchisme d’une
durée de trois ans. "C’est un début, constate-t-il, l’Eglise catholique
considère avec optimisme les perspectives de liberté religieuse qui sont en
train de s’ouvrir dans le pays".
Les mérites de Gorbatchev
A Rimini, l’administrateur apostolique de Moscou a souligné les mérites
de Gorbatchev, auquel on doit les premiers pas concrets vers la démocratie
en Union soviétique. Envisager que, bien qu’il ait préparé ces réformes, il
puisse s’effacer petit à petit, n’est pas faire injure au président soviétique et encore moins diminuer ses mérites, a-t-il ajouté.
A l’instar de ses confrères évêques d’Europe centrale et orientale, Mgr
Kondrusiewicz se déclare préoccupé par le risque d’un passage sans transition du marxisme-léninisme au matérialisme pratique et à la mentalité de
consommation.
Du bon usage de la liberté
Il s’agira, explique-t-il, d’aider les gens à faire bon usage d’une liberté à laquelle ils n’ont pas été habitués. Car s’ils usent de cette liberté de façon arbitraire, sans se référer aux valeurs surnaturelles, on
risque d’aller tout droit vers le chaos, a-t-il averti, en faisant allusion
aux conflits de nationalités qui se développent actuellement dans l’empire
soviétique désormais éclaté. (apic/cip/be)