"Université,recherche et développement"
Paris, 8juin(APIC) La session plénière annuelle de l’Académie du Royaume
du Maroc s’est tenue du 5 au 7 juin au siège de l’Unesco à Paris. Une soixantaine de personnalités des divers continents y ont participé, notamment
le cardinal Bernardin Gantin, du Bénin, préfet de la congrégation du Vatican pour les évêques, qui est intervenu sur le thème de cette session :
"Université, recherche et développement".
Il a souligné notamment "tandis que les Universités offraient autrefois
à leurs étudiants un savoir constitué qui leur permettait de maintenir en
son état la société où ils étaient nés ou, au mieux, de la faire évoluer
lentement, elles sont appelées à préparer aujourd’hui des hommes en mesure
d’inventer des solutions nouvelles pour répondre aux ambitions qu’a fait
naître la maîtrise des techniques... La crise actuelle des Universités
vient en grande partie de ce qu’elles n’offrent pas à leurs étudiants, comme celles du XIIème siècle, une explication globale de la vie : pire, elles
leur donnent trop souvent à penser que les deux ordres de valeurs, celui du
religieux et du technique sont étrangers l’un à l’autre.
L’homme cherche à développer ses connaissance pour la conquête du monde
sans en avoir une justification satisfaisante... L’un des points les plus
délicats qui se pose aux Universités du monde méditerranéen me semble venir
de ce qu’elles doivent intégrer les valeurs humaines mises à jour par
d’autres expériences culturelles, celles notamment de l’Afrique subsahrienne et de l’Asie. L’effort de créativité demandé aux Universités contemporaines doit intégrer la valeur de solidarité qui n’était pas au centre des
préoccupations des Universités anciennes".
En terminant le cardinal Gantin a souhaité avec force que "les Universités deviennent un lieu où les étudiants puissent se former à une réflexion critique sur le sens de la vie et de la société. Héritiers de traditions culturelles et religieuses qui ont le sens de l’homme, nous savons
que la réponse à ce défi n’est pas seulement technique car l’homme ne vit
pas seulement de pain, mais qu’il doit prendre en compte les traditions
culturelles de chaque civilisation, les siennes et celles des autres, pour
les aider à reconnaitre en chacune d’elles l’essentiel et offrir une vision
de la vie qui ne sacrifie rien de ce que nous tenons de la révélation mais
accueille des sensibilités humaines qui nous ont été jusqu’ici étrangères
alors qu’elles viennent également de Dieu". (apic/ccic/be)