Une nouvelle Bible hébraïque (030492)
Fribourg, 3avril(APIC) Un groupe international de théologiens va s’atteler prochainement à la révision de la Bible hébraïque. Ce travail, qui va
durer plusieurs années, peut être qualifié dans le domaine "d’oeuvre du
siècle". Le Père Adrian Schenker, professeur à l’Université de Fribourg est
un des membres de ce groupe. Il a expliqué à la revue "Bible actualité" le
sens et le but de ce travail.
L’entreprise a été lancé par l’Alliance bibilique universelle en lien
avec la Société biblique allemande. La plupart des théologiens de toutes
confessions utilisent aujourd’hui la "Bible de Stuttgart" éditée au début
du siècle. Depuis sa parution, explique le Père Schenker, les résultats des
recherches et les nouvelles découvertes ont conduit à admettre qu’une
nouvelle édition s’impose. C’est dans cette perspective que le groupe de
travail s’est formé. L’entreprise est de taille: une bonne dizaine d’années
seront au moins nécessaires constate le professeur qui refuse de se limiter
et préfère consacrer plus de temps que de bâcler le travail.
Le groupe est formé de sept spécialistes de renommée mondiale de la
Bible hébraïque. Chacun sera chargé d’une des parties de la Bible et
soumettra son travail à tous ses collègues.
L’idée d’une nouvelle édition hébraïque de la Bible pourrait laisser
croire que la Bible n’est pas complète. Adrian Schenker explique que le
texte de la Bible s’est constitué très lentement, qu’il n’a pas été rédigé
en un temps limité, ni par un seul auteur. Ses auteurs appartiennent à des
époques différentes. Une fois la rédaction terminée, il a fallu recopier
cette Bible à la main, à travers les siécles, jusqu’à l’invention de l’imprimerie.
En outre l’écriture hébraïque ancienne sans voyelles ni ponctuation est
une sorte de système d’abréviations qu’il est parfois difficile d’interprêter. Dans les premières traductions de la Bible on trouve des passages
qui, en toute bonne foi, peuvent être interprétés de deux ou trois manières
différentes, explique le professeur Schenker. Il faut donc analyser le texte pour retrouver le sens voulu par les rédacteurs. Il faut une grande vénération pour le texte bibilique qui nous a été transmis, il faut aussi
tous les instruments de travail disponibles.
La Bible comme parole de Dieu
Il est important de préciser que tous les membres de ce groupe de travail sont des croyants qui considèrent que la Bible est inspiré et dans ce
sens Parole de Dieu. Nous nous sentons tenus de traiter ce texte sacré avec
le plus grand soin et avec la plus grande exactitude. Nous ne nous plaçons
pas au dessus du texte, mais à son service, affirme Adrian Schenker.
Chaque lecteur de la Bilbe peut constater des différences entre les traductions, cela montre bien la nécessité de revenir de cette multiplicité de
traductions au sens initial. Si notre groupe de travail s’est constitué
c’est aussi pour éviter que les traductions fleurissent comme sur une terre
à l’abandon.
Aujourd’hui, beaucoup de femmes et d’hommes lisent la Bible et vivent de
cette lecture, quelle que soit leur confession. D’un côté, la Bible est un
livre "ouvert", de l’autre c’est aussi un livre difficile avec des passages
dont sans explications, on en sait trop quoi tirer. "Nous avons beaucoup à
apprendre aujourd’hui de la manière dont la Bible est lue, en Afrique, en
Amérique latine par exemple", estime finalement le théologien. (apic/bacmp)