Le pape met en garde contre ’’le sexe, l’alcool et la drogue"
Vienne, 24juin(APIC/CIP) C’est au milieu d’une mer de drapeaux hongrois
que le pape a pénétré vendredi sur l’aéroport de Trausdorf, une localité
autrichienne proche de la frontière hongroise, ou il a présidé une messe
sur le thème de la vocation divine de l’homme. Plus de 50’000 catholiques
hongrois avaient d’ailleurs fait le déplacement pour la circonstance, ainsi
qu’une quinzaine de milliers de catholiques croates venus de Yougoslavie.
Comme l’homme d’aujourd’hui repond-il a l’appel de Dieu ? Comment
comprend-il sa propre vie ? telles sont les grandes questions que le pape a
abordées dans son homélie, ou il a médité, comme la veille, sur l’exemple
de ce "témoin" exceptionnel de l’appel de Dieu que fut Jean-Baptiste.
"Jamais comme auparavant on n’a entrepris autant d’efforts par la technique et la médecine pour défendre la vie humaine contre la maladie, et
même pour la prolonger et pour la sauver de la mort, a constaté Jean Paul
II. Mais jamais comme aupravant non plus il n’y a eu autant d’occasions et
de méthodes pour porter atteinte a l’homme". Et le pape d’évoquer les expériences amères du XXème siècle, depuis la machinerie de mort de la seconde guerre mondiale jusqu’à l’impuissance actuelle des hommes devant la
misère du tiers-monde, en passant par la persécution et la destruction de
groupes entiers d’êtres humains pour des raisons ethniques ou religieuses,
ainsi que la course aux armements nucléaires.
Tout cela pourrait conduire, a poursuivi le pape, "à douter de la sollicitude et de l’amour de Dieu pour l’homme, à douter de toute sa création ou
même à la renier". Aussi Jean Paul II a-t-il posé la question : en s’érigeant en centre et en mesure de sa propre vie, l’homme ne s’est-il pas
éloigné de Dieu, dont il tire son origine ? Les expérimentations faites sur
l’homme, la tendance à recourir à l’euthanasie et à l’avortement ne
montrent-elles pas une perte inquiétante du respect de la vie ? Il suffit
de voir la vie que mènent beaucoup, a encore indiqué le pape : n’est-elle
pas minée par le vide, l’angoisse et la fuite ? Et le sexe, l’alcool et la
drogue ne devraient-ils pas être considérés comme des signaux d’alarme ?
Dans cette localité du diocèse d’Eisenstadt (le plus pratiquant du pays,
avec 51 o/o de participants à la liturgie dominicale, contre 17 o/o à Vienne), le pape a terminé son homélie par quelques mots à l’adresse des catholiques hongrois et croates qui avaient fait le voyage jusqu’à Trausdorf. Il
les a encouragés à cultiver le lien vital entre leur foi chrétienne et leur
culture. Il a également insisté une fois de plus sur le rôle de "pont" que
joue l’Autriche entre l’Ouest et l’Est. (apic/jt/be)