Rome, 30décembre(APIC/CIP) Mgr Michel Sabbah, qui a été nommé par le pape
il y a deux jours patriarche de Jérusalem pour les fidèles catholiques de
rite latin, est actuellement à Rome, ou il recevra, le 6 janvier, jour de
l’Epiphanie, l’ordination épiscopale des mains de Jean Paul II.
Dans une interview accordée par téléphone au journal catholique italien
"L’Avvenire", Mgr Sabbah dit que sa récente nomination a été pour lui "une
vraie surprise". Immédiatement, il a compris qu’il s’agissait là d’une
"très grande responsabilité", "d’une tâche très difficile", étant donné le
contexte politico-religieux de la région.
"Pour ce qui concerne la situation religieuse, le moins qu’on puisse dire est qu’elle est compliquée", dit Mgr Sabbah. Et il ajoute : "A vrai dire, dans la région, toutes les situations sont compliquées."
D’une part, le patriarche latin doit s’occuper de son diocèse, et donc
des activités pastorales normales pour les fidèles catholiques de ce diocèse. D’autre part, il y a aussi les rapports avec les autres confessions
chrétiennes et avec les représentants des autres religions. Toutes les religions sont, en effet, représentées dans cette région du monde, bien que
la majeure partie des croyants soient des juifs et des musulmans. Mgr Sabbah estime que les rapports religieux sont très bons : "Il y a un grand
respect mutuel".
A propos de la petite communauté catholique d’expression hébraïque, dont
la centaine de fidèles sont également rattachés au patriarcat latin de
Jérusalem, "L’Avvenire" a demandé à Mgr Sabbah s’il ne craignait pas une
éventuelle incompréhension. Réponse du nouveau patriarche : "Tous , dans la
foi unique, forment une communauté unique. De plus, la communauté catholique d’expression hébraïque dispose de ses propres responsables d’origine
hébraïque, non seulement des prêtres mais aussi des deux évêques auxiliaires du patriarcat, Mgr Caldani." Et Mgr Sabbah, qui n’ignore pas la difficulté de relations entre Juifs et Arabes, pas plus qu’entre chrétiens d’ascendance et de langue hébraïques et chrétiens d’ascendance et de langue
arabes, poursuit : "Je crois et j’espère que tous, dans la foi unique, formeront toujours une communauté unique."
Le nouveau patriarche latin relève aussi qu’entre la situation religieuse et la situation politique, "il n’y a qu’un pas". "Ici, dit-il, les choses sont vraiment très compliquées. "En se limitant aux grandes lignes, il
reconnaît que "cette region souffre d’un manque de paix". "L’espoir est que
les bonnes volontés collaborent pour arriver à la paix. Ce n’est pas encore
le cas pour le moment. Mais on peut espérer qu’un jour la paix régnera aussi dans ce pays et dans cette région."
En ce qui concerne la première nomination d’un Arabe au siège patriarcal
latin de Jérusalem, Mgr Sabbah dit qu’il se voit d’abord "comme un membre
du diocèse, un fidèle parmi les fidèles". Aussi lui semble-t-il normal que
"l’évêque soit issu d’entre les fidèles": mais, précise-t-il, "je ne suis
pas le premier Palestinien à accéder à une telle responsabilité d’Eglise :
souvenez-vous de Saint Jacques, qui présidait aux destinées de l’Eglise
primitive de Jérusalem, c’était bel et bien un homme originaire de Palestine, tout comme Jésus."
La nomination de Mgr Sabbah apportera-t-elle une contribution quelconque
à la solution du problème palestinien ? "On ne peut que souhaiter, dit-il,
de voir se réaliser quelque chose dans la perspective de la paix. Et cela
avec les efforts de tous ceux qui font réellement quelque chose pour la
paix." Le nouveau patriarche a toutefois préféré ne pas se prononcer sur la
situation actuelle dans les territoires occupés par Israël. "Il s’agit là
d’un véritable problème, auquel il faut certainement penser et pour lequel
il convient de prier afin de voir ce qu’il y a lieu de faire." S’agit-il
néanmoins d’un problème qui intéresse le patriarche de Jérusalem ? "Tout ce
qui intéresse les hommes doit intéresser les pasteurs de l’Eglise. Je ne
dirai pas de quelle manière. Mais je sais que cela nous concerne."
(apic/cip/bd)