Rome, 18octobre(APIC) Durant la première partie du Synode des éveques sur
la vocation et la mission des laics dans l’Eglise et dans le monde qui se
tient en ce moment à Rome, Mgr Gabriel Bullet, délégué de la Conférence des
éveques suisses au Synode était accompagné par Mme Marianne Almonte, présidente du Comité national suisse de l’apostolat des laics. Durant la deuxième partie des travaux, Mgr Bullet sera conseillé par Léo Karrer, professeur
de théologie pastorale à l’Université de Fribourg, ensuite par Mlle Carmen
Pronini, membre du Comité national de l’apostolat des laics et des Unions
féminines tessinoises. Jouant le role de conseillère auprès de Mgr Bullet,
Marianne Almonte a fait part à l’agence APIC de son expérience au Synode.
A la suite des diverses consultations l’année dernière, Mgr Bullet avait
exprimé le désir d’avoir trois personnes qu’il pourrait consulter durant le
Synode pour donner leurs impressions sur ce qui se disait à l’intérieur du
Synode et qu’il se chargerait de relater. C’est ainsi que les conseillers
laics émettent leur avis sur les points importants à soulever dans les carrefours, proposent des amendements à présenter lors de la synthèse des travaux, etc.
Concernant son role, Marianne Almonte considère qu’il est assez limité :
elle reçoit les rapports sur les diverses interventions au Synode remis
tous les jours par Mgr Bullet et réagit en confrontant ces interventions
avec la réalité du laicat en Suisse romande, voire dans les pays voisins,
en essayant de voir ce qui devrait etre soulevé dans les groupes de travail
par Mgr Bullet. Il n’y a pratiquement pas eu de contacts avec la soixantaine d’auditeurs laics (dont près de la moitié de femmes) présents au Synode.
Au sujet des interventions au cours de la première partie du Synode, Marianne Almonte distingue 4 courants : un courant européen, qui se traduit
par des rapports beaucoup plus théologiques, dogmatiques, traditionnels...;
un courant d’Amérique du Nord (Canada et Etats-Unis), qui attache beaucoup
d’importance à tout l’apostolat que peut exercer le laic à travers sa famille, le monde du travail et surtout le monde politique, dans une situation ou l’Eglise catholique doit également faire face au fondamentalisme ;
la troisième tendance est représentée par les rapports asiatiques et africains qui partent de situations très concrètes, qui accordent beaucoup
d’importance au laicat, car, pour eux, c’est le laic qui est à la base de
l’évangélisation dans ces pays; la quatrième tendance, ce sont les rapports
latino- et centro-américains, qui vont dans deux sens : l’un conservateur
(ou l’on remet notamment en cause les communautés ecclésiales de base, ou
l’on se méfie de l’engagement politique des laics) et la tendance progressiste favorable à ces communautés ecclésiales de base ou les plus pauvres
et les deshérités trouvent l’espace pour s’exprimer et s’engager.
Pas de recettes miracles à attendre de ce Synode
Pour la présidente du Comité national suisse de l’apostolat des laics,
il ne faut pas attendre de recettes miracles du Synode : "Il y aura des recommandations adressées aux Eglises particulières, mais je pense que le
Synode signifie Eglise en marche, marcher ensemble. Je reviens à une idée
qui m’est chère : c’est de dire que c’est nous qui devons faire Synode là
ou nous sommes, marcher ensemble éveques, pretres et laics". A son avis, il
se dégage déjà une tendance très forte pour dire qu’il ne faut pas séparer
la hiérarchie du laicat : notre première mission commune découle de notre
bapteme, et cela aussi bien pour les clercs que pour les laics. Cette option est partagée par une bonne majorité des pères synodaux.
Marianne Almonte a demandé à Mgr Bullet de développer dans les carrefours quelques points importants : d’abord la mission du laic dans le monde
du travail (il faut insister ici sur le fait que l’enracinement du chrétien
dans la vie du monde nécessite son enracinement dans la vie de l’Eglise,
pour éviter le danger de la sécularisation qui évacue la dimension de la
foi). Ensuite la formation : celle donnée par les mouvements, la formation
aux ministères, les retraites et sessions spécialisées. Ici, pour Marianne
Almonte, il faut former la conscience politique des laics, de façon à ce
qu’elle soit conforme à la doctrine sociale de l’Eglise, et pour cela, souligne-t-elle, cela signifierait qu’il faut redonner cette doctrine sociale
de l’Eglise. Finalement, Madame Almonte a proposé à Mgr Bullet d’envisager
le développement de communautés ecclésiales de base, ici en Europe, qui feraient l’option pour les pauvres. Et de penser aux vieillards, qui sont de
plus en plus nombreux et seuls, aux malades, notamment les personnes atteintes du sida, aux émigrés, aux réfugiés, aux familles désunies ou monoparentales, au quart monde, aux jeunes victimes de la drogue, aux chomeurs,
à toutes les victimes des nouvelles pauvretés. Ce sont là pour elle des
champs d’action possibles pour ces communautés de base qui vivraient avec
ces populations défavorisées. De toutes ses préoccupations, c’est ce dernier point qui lui tient le plus à coeur. (apic/be)