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    Une Eglise sans justice devient une "maison vide"

    ENI-96-0239çF

    Genève, le 13 septembre (ENIçJerry L. Van Marter) - La

    communauté chrétienne doit renoncer à toutes les formes de

    violence contre les femmes et admettre "la triste vérité": les

    Eglises ne sont pas toujours un lieu o? les femmes peuvent

    trouver protection. C’est ce qúa déclaré une théologienne

    presbytérienne des Etats-Unis le 13 septembre aux membres du

    Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE),

    réunis à Genève du 12 au 20 septembre.

    Dolores Williams, professeur de théologie à Union Theological

    Seminary à New York, qui prend une part active dans les débats

    sur le rôle des femmes, a souligné que la violence perpétrée

    à l’encontre des femmes dans le monde était "une maladie

    atroce".

    La communauté chrétienne, a-t-elle ajouté, "doit remplir sa

    mission en renonc,ant à la violence contre les femmes - maux

    physiques, blessures émotionnelles et souffrances spirituelles".

    Lorsque l’Eglise "n’est pas une Eglise de justice, de paix, et

    d’amour, elle devient une maison vide, et non la maison de Dieu

    en Jésus Christ", a rappelé la théologienne.

    "Les Eglises devraient reconna?tre qúil ne peut y avoir de

    sainteté et d’unité que lorsque l’Eglise aura accepté de

    combattre la violence sous toutes ses formes et en particulier

    la violence contre les femmes."

    Dolores Williams s’exprimait sur la violence contre les femmes

    - une des trois "études de cas" présentées le 13 septembre,

    alors que le Comité central se prépare à conclure une étude

    sur l’ecclésiologie et l’éthique et à envoyer son rapport aux

    Eglises membres.

    La relation entre ecclésiologie (la doctrine de l’Eglise) et

    éthique (convictions morales qui guident les actions de

    l’Eglise) a été débattue au sein du mouvement oecuménique

    pendant presque tout le 20e siècle.

    Pour l’évêque John Neill, de l’Eglise d’Irlande, qui rendait

    compte d’une série de visites auprès des Eglises membres dans

    le cadre de la Décennie oecuménique de la solidarité des

    Eglises avec les femmes, "la complicité de l’Eglise dans la

    violence contre les femmes transpara?t dans tous les rapports de

    visites."

    Le phénomène de la violence à l’encontre des femmes, a-t-il

    ajouté, traverse toutes les frontières, qúelles soient

    socio-économiques, culturelles ou géographiques. "La triste

    vérité est que l’Eglise n’est pas un lieu o? les femmes peuvent

    trouver protection et soutien, et voir leur cause défendue",

    a-t-il dit.

    Anna Marie Aagaard, membre de l’Eglise évangélique luthérienne

    du Danemark, et l’une des présidentes du COE, a déclaré en

    introduisant la session: "L’objectif fondamental de l’étude

    actuelle est de faire entendre une fois de plus qúêtre et agir

    ne peuvent être séparés".

    Les deux autres études de cas ont été présentées par Gordon

    Gray - qui a évoqué la question de la violence sectaire en

    Irlande du Nord, son pays natal, o? il est pasteur presbytérien;

    et par John de Gruchy, professeur de théologie au Cap, en

    Afrique du Sud -sur la relation entre ecclésiologie et éthique

    dans la lutte des Eglises sud-africaines contre l’apartheid.

    Alors que les Eglises - protestantes et catholiques - ne sont pas

    à l’origine de la violence en Irlande du Nord, a expliqué

    Gordon Gray, "la division des Eglises a co té des vies", car

    elles ont été impuissantes à manifester leur unité en

    renonc,ant à la violence. "Le sectarisme se développe dans des

    espaces entre des Eglises divisées", a-t-il ajouté, "et permet

    à ceux qui ont un penchant pour la violence de faire leur sale

    travail, combien destructeur."

    Dans la lutte contre l’apartheid, a rappelé John de Gruchy, les

    Eglises sud-africaines "ont découvert une unité dans le corps

    du Christ qúelles n’avaient jamais connue auparavant". Dans

    cette lutte, elles "ont aussi découvert les implications

    éthiques de l’Evangile et que l’unité de l’Eglise et sa lutte

    pour la justice étaient inséparables".

    Aaron Tolen, membre de l’Eglise presbytérienne du Cameroun, et

    l’un des présidents du COE, qui a présidé le débat sur

    l’ecclésiologie et l’éthique, a rappelé aux membres du Comité

    central que les Eglises seraient invitées à considérer

    sérieusement deux questions suscitées par l’étude sur

    l’ecclésiologie et l’éthique:

    "Comment pouvons-nous mettre en pratique une formation

    oecuménique morale - formation commune pour le discernement

    éthique chrétien et la prise de décisions - dans notre

    situation locale?

    "Quelles sont les implications de cet engagement éthique

    oecuménique local pour notre koinonia globale?

    La décision sur la recommandation d’adresser l’étude aux

    Eglises sera prise par le Comité central la semaine prochaine.

    (726 mots)

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