Une Eglise dans un monde en mouvement (191289)
Fribourg, 19décembre(APIC) L’année 1989, si elle a vu s’intensifier les
conflits en plusieurs endroits du globe (Liban, Israël, San Salvador, Colombie) et s’affirmer, surtout en Occident, une mentalité xénophobe, a été
l’occasion de contacts multiples et fructueux entre les grandes puissances;
elle a vu s’écrouler le Mur de Berlin et s’ouvrir les frontières entre
l’Est et l’Ouest sous la pression pacifique des masses populaires : tout un
symbole d’une volonté de dialogue qui s’affirme de jour en jour et à laquelle l’Eglise n’est pas restée étrangère.
L’Eglise catholique, consciente des enjeux qui sous-tendent les relations internationales, a pris ses responsabilités et s’est engagée de diverses manières pour promouvoir la paix et la justice. Plusieurs réussites
jalonnent ces douze derniers mois : la première rencontre d’un chef du
Kremlin avec le pape, les succès considérables de la politique du Vatican
envers les pays de l’Est ainsi que les nombreuses initiatives de paix prises par Rome pour tenter d’apaiser les luttes au Proche-Orient. La Suisse a
accueilli en mai le Rassemblement oecuménique européen "Justice, paix et
sauvegarde de la Création" : un événement à la fois historique et spirituel.
Rencontre historique : Mikhaïl Gorbatchev chez Jean Paul II
Le 1er décembre le chef du Kremlin, Mikhaïl Gorbatchev, a rencontré le
pape Jean Paul II au Vatican dans une atmosphère très cordiale. Les deux
hommes se sont mis d’accord pour améliorer et institutionaliser les relations entre le Saint-Siège et l’URSS. Une visite du pape en URSS a été envisagée, bien qu’elle soit exclue dans un proche avenir : en effet, Jean
Paul II ne répondra à l’invitation de Mikhaïl Gorbatchev que lorsque la situation de l’Eglise se sera améliorée en URSS. La question de la reconnaissance de l’Eglise ukrainienne-catholique au même titre que les autres communautés ecclésiales n’a pas été abordée; la discussion a cependant porté
sur la légalisation de l’Eglise ukrainienne-catholique : de sérieux espoirs
subsistent.
Rapprochements avec l’Est
A l’Est, la Glasnost et la Perestroïka ont amené des assouplissements
dans la politique des gouvernements envers l’Eglise. La Pologne a été le
premier Etat du bloc de l’Est à entretenir des relations diplomatiques avec
le Vatican : c’était en juillet. Quant à la Hongrie, elle rétablira ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège en janvier ou février 1990. Une
libéralisation envers l’Eglise s’affirme également en Lituanie, en Tchécoslovaquie, en Russie blanche et dans d’autres Etats baltes.
Proche-Orient
Mi-août le pape a surpris en parlant officiellement d’une possible visite au Liban. A Beyrouth les tirs continuent et le nouveau président, René
Moawad, a été assassiné peu après son accession au pouvoir. Jean Paul II
tient malgré tout à voir ce pays. Il a aussi insisté sur la Palestine.
L’Université catholique de Bethléem, soutenue par le Vatican, a été fermée
en octobre 1987 : cette anné marque le deuxième anniversaire de cette fermeture par les autorités des territoires occupés.
sur le plan oecuménique
De nouveaux accents ont caractérisé les efforts vers l’oecuménisme en
1989. En juin le pape a rendu visite à la Diaspora catholique du Nord de
l’Europe. Fin septembre Mgr Robert Runcie, primat de l’Eglise anglicane, a
accompli une visite officielle au Vatican. Une dissension existait entre
les deux hommes : le vote de l’Eglise anglicane en faveur de l’ordination
des femmes. Des problèmes nouveaux ont surgi dans les relations avec le Patriarcat de Moscou, notamment en ce qui concerne l’Eglise ukrainiennecatholique. Une nomination est intervenue au Vatican : le cardinal Johannes
Willebrands a quitté la présidence du Conseil pontifical pour la promotion
de l’Unité des chrétiens; il a été remplacé par l’Australien Edward Cassidy.
La "Déclaration de Cologne"
En janvier, plusieurs professeurs de théologie de Suisse, d’Autriche,
D’Allemagne de l’Ouest et de Hollande ont signé une déclaration dans
laquelle ils mettent en cause certaines tendances et incidents survenus à
l’intérieur de l’Eglise catholique-romaine. C’était pour eux un désir