"La situation des droits de l’homme a empiré en Israël
Bruxelles, 18juin(APIC) Les violations des droits de l’homme par Israël
se sont aggravées sous le gouvernement Rabin. Tel est le constat global
établi à Bruxelles par une délégation du mouvement catholique Pax Christi
International, qui s’est rendue en Israël et dans les territoires occupés
du 5 au 12 juin.
"Tant du côté israélien que du côté palestinien, les organisations luttant pour les droits de l’homme constatent que la situation en ce domaine
n’a fait qu’empirer sous le gouvernement Rabin, mis en place en 1992", ont
rapporté à leur retour à Bruxelles les membres de la délégation. "Les deux
exemples les plus frappants sont la déportation massive des Palestiniens
soupçonnés d’appartenance aux groupes Hamal, et la fermeture annoncée comme
définitive des territoires occupés par Israël. Ceci signifie concrètement
que la population palestinienne est en grande partie séquestrée, et cela
dans des conditions économiques et sociales inacceptables, tandis que l’accès aux territoires occupés reste libre pour les Israéliens et leurs colons. La paupérisation de la population palestinienne s’aggrave, surtout
dans la bande de Gaza. Des experts de la santé crient même gare au danger
de sous-alimentation!"
Sur place, la délégation de Pax christi a eu de multiples contacsts:
avec des hommes politiques israéliens, des Palestiniens impliqués dans les
négociations pour la paix, des représentants des mouvements de paix israéliens et palestiniens, des organisations en faveur des droits de l’homme,
des associations de femmes et autres organisations non gouvernementales.
Ces contacts ont été pris tant à Jérusalem qu’à Tel Aviv, Bethléem, Ramallah et dans la bande de Gaza.
Selon le mouvement catholique pour la paix, l’armée israélienne pratique
encore de rudes méthodes de répression: "Des soldats israéliens déguisés en
Palestiniens ont tué des Palestiniens sans autre forme de procès. Des enfants ont été jetés en bas des toits par des francs-tireurs." Les membres
de la délégation ont pu constater aussi que l’on s’en était pris également
aux maisons des Palestiniens.
Pour Pax Christi International, la violence dans cette région ne pourra
disparaître que s’il y a un respect des conventions sur les droits de
l’homme, une libération des Palestiniens détenus administrativement et une
réouverture des territoires occupés.
En ce qui concerne les négociations pour la paix, la délégation revenue
de Jérusalem note que "le grand espoir que ces négociations avaient fait
surgir dans la population palestinienne risque de se transformer en désespoir". La raison majeure de ce glissement, est qu’Israël comprend la notion
d’"autonomie" dans un tout autre sens que les Palestiniens. Certains responsables israéliens se disent prêts à une sorte de "partage fonctionnel
du travail", donc prêts à confier aux Palestiniens, par exemple, des responsabilités en matière de santé et d’enseignement, mais "sans aucune perspective d’autonomie réelle".
En revanche, relève-t-on à Pax Christi International, des porte-parole
palestiniens se sont déclarés d’accord avec le gouvernement israélien pour
rechercher des formules qui garantissent au maximum les exigences de sécurité et la défense d’Israël. (apic/cip/cb)