431 théologiens américains signent la "Déclaration de Washington"
Washington,14décembre(APIC) 431 théologiens des Etats-Unis et du Canada
ont signé une "Déclaration de Washington" dans laquelle ils s’élèvent contre "le centralisme romain excessif" présenté comme un obstacle pour le renouveau de l’Eglise dans l’esprit du Concile Vatican II. La déclaration
critique la façon dont le pape Jean Paul II et la curie romaine agissent à
l’égard des évêques et des théologiens, ainsi que le manque de compréhension de Rome pour les problèmes de la femme et d’ouverture oecuménique.
Cette prise de position des théologiens nord-américains, qui se situe
elle-même dans le sillage de la "Déclaration de Cologne" de janvier 1989, a
été préparée par l’Association des théologiens catholiques d’Amérique
(CTSA) et adoptée jeudi au cours d’un vote secret. Elle a été publiée à
l’occasion du 25e anniversaire de la clôture du Concile Vatican II.
La "Déclaration de Washington" reproche au Vatican de dévaloriser les
conférences épiscopales nationales et d’avoir dans leurs rapports avec les
évêques des manières d’agir qui ne sont pas compatibles avec les enseignements du Concile Vatican II sur la collégialité épiscopale et les Eglises
locales. Ainsi, les signataires reprochent que des évêques locaux ne sont
pas pris en compte par la curie, qu’ils sont critiqués ouvertement et que
l’on néglige leur "jugement pastoral mûr". A propos de récentes nominations
épiscopales, la déclaration affirme que le Vatican choisit comme évêques
des prêtres qui ont peu d’expérience pastorale et une conception théologique étroite.
Les auteurs de la déclaration citent ainsi un questionnaire confidentiel
- dont l’existence vient d’être révélée aux Etats-Unis - au moyen duquel on
demandait aux candidats potentiels à l’épiscopat leur position sur le célibat, sur l’ordination sacerdotale des femmes, ainsi que sur les moyens artificiels de contraception. L’accord avec les positions prescrites dans
quelques questions pèse d’un tel poids que les consultations sur les
besoins pastoraux des Eglises locales semblent ne pas beaucoup compter,
affirment les signataires.
Ils mettent en cause également la Congrégation pour la doctrine de la
foi qui, dans des procédures contre des théologiens, aurait violé "des
droits de l’homme fondamentaux et des garanties de droit qui sont considérées dans nos pays comme absolument nécessaires pour garantir ces droits de
l’homme." Le P. Walter Principe, président de l’Association des théologiens
catholiques d’Amérique, a déclaré à la presse que cette déclaration, malgré
ses objections critiques, ne devait pas être comprise comme un dissentiment
face à la doctrine de l’Eglise. Ce document, a-t-il précisé, ne s’occupe
pas de doctrines, mais de façons d’agir et de procéder de la curie. (apickna/be)