Une action pastorale à repenser
le question: "Comment, à travers ses célébrations, sa prédication, ses services, notre Eglise pourrait elle mieux évangéliser les expériences humaines fondamentales de la naissance et de la mort, dans la forme qu’elles revêtent désormais en Europe".
Invitant à "repenser sérieusement l’ensemble de notre action pastorale"
et à "s’interroger pour savoir comment pénétrer le tissu de la vie quotidienne de nos communautés et de nos contemporains, afin que leur mentalité,
entièrement renouvelée, soit toujours plus inspirées par les authentiques
valeurs évangéliques", le cardinal Martini a abordé trois domaines particuliers: l’annonce de la parole, les actions rituelles, la diaconie.
Sur le premier domaine, le cardinal a constaté que la vulgarisation des
sciences de la vie rend de moins en moins accessibles des doctrines comme
celle de la création, de l’âme, du péché originel... A l’heure où les techniques maîtrisent la procréation, beaucoup ont aussi du mal à comprendre
que Dieu leur donne les enfants qu’ils "font".
Le président du CCEE a ensuite observé qu’une partie du clergé accorde
plus de poids à la parole et au discours théologique qu’aux rites, qu’il a
tendance à négliger, voire à "purifier", entrant ainsi en conflit avec la
religiosité populaire qui caractérise certaines régions d’Europe. "N’y a-til pas lieu, s’est-il demandé, de revaloriser le rituel, en se rendant
compte que l’Evangile ne se communique pas seulement sur le mode verbal.
N’a-t-on pas besoin d’une inculturation de la vie chrétienne en Europe,
comme dans les autres continents?"
Un discours culpabilisant qui tue l’espérance
Dans la dernière partie de son exposé, consacrée aux "Perspectives de
l’Evangélisation de l’Europe", le cardinal Martini a souhaité que soit promue "une attitude aimante et juste". En effet, a-t-il dit, "si nous renvoyons sans cesse nos contemporains à une image qui les déprécie, ils ne se
sentiront pas aimés. Alors, ils ne nous écouterons pas".
Le président du CCEE a de nouveau mis en garde contre le pessimisme