Des progrès significatifs ont été réalisés au cours des dernières en matière de promotion des femmes dans les instances dirigeantes de l’Eglise catholique allemande. En 2023, la part des femmes a dépassé le tiers des postes.
Les évêques catholiques allemands estiment être sur la bonne voie en ce qui concerne la promotion des femmes dans les postes à responsabilité au sein de l'Eglise, rapporte, le 11 mars 2025, l’agence catholique kna.
Des femmes occupent plus d’un tiers des postes de direction dans les 27 diocèses du pays. On entend par postes de direction les positions impliquant une responsabilité en termes de contenu, de personnel et de finances. Selon la règle catholique, les ministères ordonnés des diacres, des prêtres et des évêques restent toutefois réservés aux hommes.
Une étude publiée à Bonn par le centre de travail pour la pastorale des femmes révèle qu'en 2023, la part des femmes au niveau de direction intermédiaire des 27 diocèses correspondait au quota souhaité, soit 34,5%. Sur 551 postes appartenant à cette catégorie, 190 étaient occupés par des femmes.
Aussi au niveau supérieur
Pour les postes de niveau supérieur, c’est-à-dire immédiatement subordonnés à l’évêque, on compte 59 femmes sur 214 personnes. Il s'agit par exemple de directrices des finances, responsables du personnel ou directrices de l'aumônerie. La proportion de femmes a ainsi passé de 19% en 2018 à 28% en 2023. 25 des 27 diocèses allemands ont désormais des femmes à la direction supérieure.
Surtout des théologiennes et des enseignantes de religion
En ce qui concerne les qualifications, l'étude montre que les théologiennes et les enseignantes de religion constituent le groupe le plus important parmi les femmes responsables. Les autres sont des juristes, des spécialistes du droit canonique ou des gestionnaires d’entreprise.
La commission pastorale de la Conférence épiscopale allemande a salué les résultats de l'étude. L'objectif d'un tiers de femmes à des postes de direction a déclenché un changement culturel dans les diocèses. Mais ce changement doit se poursuivre, tant dans les administrations ecclésiastiques que dans d'autres tâches de direction de l'Eglise.
Mgr Peter Kohlgraf, président de la sous-commission «Femmes dans l'Église et la société» de la conférence épiscopale, a fait remarquer que onze diocèses ont introduit de nouveaux modèles de direction avec et à côté du vicaire général. «Cela permet aux femmes, d'être visibles et actives en tant que suppléantes de l'évêque diocésain, même s’il y a encore de la marge.”
Les protestantes pas mieux que les catholiques?
L'Église protestante en Allemagne (EKD) ne fait pas mieux que sa consoeur catholique. La présidente de l’EKD, Kirsten Fehrs, a souligné qu'elle voyait un besoin de rattrapage en matière d'égalité des droits pour les femmes dans son Église. L'augmentation de la proportion de femmes au niveau de direction intermédiaire, de 21% à 31% sur l'ensemble des 20 Eglises protestantes régionales depuis 2015, n'est pas satisfaisante.
Il faut néanmoins rappeler que dans l’Eglise protestante, les femmes peuvent être pasteures et évêques. Dans la profession de pasteur, le rapport entre les sexes s'égalise de plus en plus. La proportion de femmes parmi les agents pastoraux est de 52% et de 61% parmi les étudiants en théologie. (cath.ch/kna/mp)