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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Opinion critique du théologien zaïrois M. T. Ntumba

    Un synode romain sur l’Afrique au lieu d’un Concile africain (100892)

    Vienne, 10août(APIC) L’assemblée spéciale du Synode des évêques consacré

    à l’Afrique - dont le lieu et la date ne sont pas encore connus - ne suscite pas que de l’enthousiasme sur le continent noir, car une partie de la

    hiérarchie ecclésiale locale aurait souhaité ardemment un "Concile africain". "Nous voulions effectivement un Concile africain, explique le théologien de Kinshasa Marcel Tshiamalenga Ntumba,... maintenant il apparaît

    que nous aurons un synode romain. Mais c’est tout autre chose. Un synode

    romain sur l’Afrique, cela n’a pas grand chose à voir avec un Concile

    africain!"

    Pour un vrai Concile africain, les Africains auraient dû élaborer euxmêmes le programme et décider du lieu de la réunion, a déclaré le théologien dans une interview accordée à l’agence de presse catholique autrichienne "Kathpress" à Vienne. Toute la préparation aurait dû également

    rester entre les mains de l’Eglise d’Afrique. Le prochain synode a été conçu à Rome qui en a gardé toute la responsabilité. Un synode romain sur

    l’Afrique risque de devenir une simple objet de curiosité. L’enthousisame

    s’est en tout cas fortement réduit, estime le théologien africain.

    L’expérience positive des "Bakambi"

    Le Concile Vatican II a donné une forte impulsion à l’Eglise africaine.

    Les laïcs ont pris leur responsabilité dans la vie de l’Eglise. Au Zaïre,

    des laïcs éprouvés dans leur foi et formés spécialement ont pris la responsabilité de communautés paroissiales. Cette expérience des "Bakambi" est un

    évenement très positif pour l’Eglise du pays, rappelle le professeur Ntumba. Cette option pastorale peut même servir ailleurs dans le monde et être

    une réponse au manque de prêtres.

    Le théologien estime cependant qu’il n’est pas souhaitable que ces "Bakambi" soient ordonnés prêtres, car ils doivent rester laïcs pour montrer

    que l’Eglise n’est pas seulement l’affaire du clergé. De même les communautés de base africaines sont bien organisées et très créatives, souligne le

    théologien. Elles n’attendent pas que le prêtre arrive, mais prennent de

    nombreuses initiatives, pour la liturgie et l’engagement en faveur des

    pauvres notamment. L’Afrique est en train de trouver une forme d’être chrétienne qui lui convient. L’Eglise se développe de manière autonome, les séminaires sont pleins. Les quelques missionnaires européens encore au Zaïre

    ne jouent qu’un rôle périphérique, affirme le théologien zaïrois.

    L’Eglise lutte pour la démocratie

    L’Eglise dans de nombreux pays d’Afrique a aussi pris ses responsabilités politiques; elle s’est engagée dans les processus de démocratisation,

    notamment au Zaïre, remarque encore le professeur Ntumba. De grandes manifestations de masse ce printemps ont obligé le président Mobutu à poursuivre sur la voie de la démocratie. A ce propos, le théologien de Kinshasa regrette le silence de la majorité des évêques européens sur les massacres

    qui ont eu lieu dans son pays en février et en mars. Indice évident d’une

    pensée encore marquée par le colonialisme: "Ils préfèrent se taire quand

    leur parole pourrait aller contre les intérêts de l’Occident", déplore en

    conclusion le théologien de Kinshasa. (apic/kpr/mp)

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