Un sacerdoce unique
de la femme que sont la maternité et la virginité, qui trouvent la plénitude de leur valeur en Marie.
La maternité illustre tout particulièrement ce don de soi auquel sont
appelés tant les hommes que les femmes, bien qu’elle repose davantage sur
les épaules des femmes et les marque symboliquement. En effet, toute maternité est "en rapport avec l’Alliance que Dieu a établie avec le genre humain grâce à la maternité de la Mère de Dieu". Là encore, souligne le pape,
c’est la femme qui éclaire l’humanité sur sa vocation.
Dans la virginité pour le Royaume librement choisie, la femme affirme sa
dignité de personne tout en épanouissant sa personnalité de femme dans le
don d’elle-même à Dieu dans le Christ-Epoux.
Jean Paul II consacre le septième chapitre à "L’Eglise, Epouse du
Christ", ou il propose un commentaire de la Lettre aux Ephésiens (5,25-32),
dans laquelle le caractère nuptial de l’amour entre l’homme et la femme est
comparé au mystère du Christ et de l’Eglise : le Christ est l’Epoux de
l’Eglise et l’Eglise est l’Epouse du Christ. En éclairant la dimension symbolique du texte de Saint Paul, le pape montre que tous les êtres humains hommes et femmes - sont appelés à être l’Epouse, le "féminin" devenant ainsi le symbole de tout l’humain.
C’est dans ce septième chapitre que Jean Paul II, à la lumière du "grand
mystère qui s’exprime par le rapport sponsal entre le Christ et l’Eglise",
explique le fait de l’appel des "Douze" : "En n’appelant que des hommes à
être ses Apôtres, écrit-il, le Christ a agi d’une manière totalement libre
et souveraine. Il l’a fait avec la même liberté avec laquelle il a mis en
valeur la dignité et la vocation de la femme par tout son comportement,
sans se conformer aux usages qui prévalaient ni aux traditions que sanctionnait la législation de son époque. C’est pourquoi l’hypothèse selon laquelle il aurait appelé des hommes comme Apôtres en se conformant à la mentalité répandue en son temps ne correspond pas du tout à la manière d’agir
du Christ".
Les femmes et le sacerdoce ministériel
De même, à propos de l’Eucharistie : "Si le Christ, en instituant l’Eucharistie, l’a liée d’une manière aussi explicite au service sacerdotal des
Apôtres, il est légitime de penser qu’il voulait de cette façon exprimer la
relation entre l’homme et la femme, entre ce qui est "féminin" et ce qui
est "masculin", realtion voulue par Dieu tant dans le mystère de la Création que dans celui de la Rédemption. Dans l’Eucharistie s’exprime avant
tout sacramentellement l’acte rédempteur du Christ-Epoux envers l’EgliseEpouse. Cela devient transparent et sans équivoque lorsque le service
sacramentel de l’eucharistie, ou le prêtre agit "in persona Christi", est
accompli par l’homme. C’est là une explication qui confirme l’enseignement
de la déclaration "Inter signores", publié sur mandat de Paul VI pour
répondre aux interrogations suscitées par la question de l’admission des
femmes au sacerdoce ministériel."
Après avoir rappelé que tous les baptisés, hommes et femmes, participent
non seulement à la mission sacerdotale, mais aussi à la mission prophétique
et royale du Christ, le pape revient au "grand mystère" de la Lettre aux
Ephésiens. C’est dans le cadre de ce mystère que "tous sont appelés à
répondre - comme une épouse - par le don de la vie au don ineffable de
l’Amour du Christ qui est seul, comme Rédempteur du monde, l’Epoux de
l’Eglise" : dans le "sacerdoce royal", qui est universel, s’exprime en même
temps le don de l’Epouse.
Marie, ’figure’ de l’Eglise
Jean Paul II ajoute que : "Même si l’Eglise possède une structure
"hiérarchique", cette structure est cependant totalement ordonnée à la
sainteté des membres du Christ. Et la sainteté s’apprécie en fonction du
"grand mystère" dans lequel l’Epouse répond par le don de l’amour au don de
l’Epoux ... Le Concile Vatican II, en confirmant l’enseignement de toute la
tradition, a rappelé que, dans la hiérarchie de la sainteté, c’est justement la ’femme’, Marie de Nazareth, qui est ’figure’ de l’Eglise. Elle nous
’précède’ tous sur la voie de la sainteté..."
Le pape évoque aussi les innombrables femmes qui ont joué un rôle actif
dans la vie de l’Eglise primitive, "grâce à leurs charismes et à leurs multiples manières de servir", toutes les femmes qui, de génération en génération, ont donné des exemples éclatants de sainteté en participant à la mission de l’Eglise.
La femme, premier lieu de l’enracinement de l’amour
Avant de conclure, Jean Paul II montre que, pour s’engager sur la voie
de la promotion de la vraie dignité et de la vocation de la femme, il faut
d’abord reconnaître que le fondement, le Christ, est immuable.
Ce qui fait la dignité de la femme aux yeux de Dieu et de l’homme,
écrit-il, c’est qu’elle est celle en qui l’ordre de l’amour trouve le lieu
de son premier enracinement.
Dans sa conclusion, le pape invite la femme à découvrir tout le sens de
sa féminité, afin de se disposer au don désintéressé d’elle-même, pour "se
trouver" elle-même. A l’occasion de l’Année Mariale, la Lettre est datée du
15 août 1988, Jean Paul II remercie Dieu, au nom de l’Eglise, pour "le
mystère de la femme", en qui s’est accompli ce qu’il y a de plus grand dans
l’histoire : l’Incarnation. (apic/cip/bd)