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    La Fraternité de Marie Reine Immaculée a connu nombre de dérives © FMRI

    Un rapport épingle la Fraternité de Marie Reine Immaculée

    Le diocèse de Lyon a publié, le 10 décembre 2024, les conclusions d’une enquête sur la Fraternité de Marie Reine Immaculée (FMRI) et la figure de sa fondatrice, Clémence Ledoux (1888-1966). S’appuyant sur de nombreux témoignages, le rapport lève le voile sur un vaste système d’abus de pouvoir et d’emprise spirituelle, à l’œuvre jusque dans les années 2000.

    Confiée par Mgr Olivier de Germay, archevêque de Lyon, au dominicain Paul-Dominique Marcovits – qui avait déjà enquêté sur le Père Thomas Philippe (1905-1993) –, cette enquête d’un an et demi s’appuie sur des documents d’archives, les témoignages écrits de membres, d’anciens membres ou de leurs proches, ainsi que sur l’audition d’une trentaine de témoins.

    Clémence Ledoux, une fausse mystique sanctionnée dès 1935

    Les investigations reviennent longuement sur la figure de Clémence Ledoux qui se disait bénéficiaire de visions des anges, de la Vierge Marie et du Christ. Prenant l’habit religieux chez les Sœurs réparatrices du Sacré-Cœur en 1922, elle aura le sentiment, toute sa vie, d’être envoyée par Dieu pour accomplir la mission de  promouvoir le culte de ‘Marie Reine Immaculée de l’Univers’.

    Son renvoi de la vie religieuse en 1935 sur fond de désobéissance à son évêque le cardinal Liénart, archevêque de Lille, ne l’empêcha de poursuivre sa ‘mission’ entourée d’une petite communauté informelle de personnes totalement dévouées à sa cause et sur lesquelles son emprise sera très forte jusqu’à sa mort en 1966.

    L’enquête du dominicain montre une spiritualité très pauvre essentiellement centrée sur sa propre personne, ne se remettant jamais en cause et utilisant une prétendue volonté divine pour justifier toutes ses dérives. Le rapport évoque également son rapport problématique à l’argent et ses manipulations. Il conclut que Clémence Ledoux est une fausse mystique.

    Dans la mouvance du Père Philippe

    En 1986, l’évêque de Meaux reconnut les statuts de la Fraternité de Marie Reine Immaculée (FMRI) comme association diocésaine cléricale, et lui donna ainsi une existence plus formelle.  La Fraternité grandit et, à partir de 1995, compte environ 90 membres. En 1995, cette communauté nouvelle devient une association publique de fidèles. Entre 1995 et 2008 près de vingt frères feront leur séminaire à Ars, Rome ou Toulouse, et seront ordonnés prêtres. Des fondations sont créées dans plusieurs villes de France, en Irlande, en Argentine, au Liban.

    La deuxième partie du rapporte révèle un passé marqué par de graves dysfonctionnements, principalement à partir de la fin des années 1980, après l’arrivée d’un frère de Saint-Jean, le Père Marie-Pierre Faye. Élu modérateur général en 1989, cet ancien proche du fondateur de la communauté Saint-Jean, Marie-Dominique Philippe (1912-2006), a notamment introduit la doctrine problématique de 'l'amour d'amitié' - traduite pour la Fraternité en 'communion de cœur' - au sein de cette communauté mixte. Cette dernière encourageait des relations affectives et sexuelles entre frères et sœurs pourtant engagés dans le célibat consacré, au nom d’une prétendue expérience mystique comparable à l’amour entre Jésus et Marie.

    Sans entrer dans les cas personnels, le Père Marcovits constate «un climat affectif inapproprié associé à des déviances théologiques. Culte de la personnalité des responsables, confusions entre for interne et for externe, emprise spirituelle, formations carencées, abus de pouvoir…

    Nouvelle scission en 2011

    L’enquête publiée ne porte pas sur la Fraternité actuelle qui compte encore une vingtaine de membres et dont la maison mère se situe à Bois-le-Roi dans le diocèse de Meaux (Seine-et-Marne). Après 2010, elle a entrepris un processus de réforme qui a conduit à la scission d’une quinzaine des membres, derrière Marie-Pierre Faye, et au départ de nombreux autres.

    La poursuite de ce travail sera accompagnée par l’archevêque émérite d’Albi, Mgr Jean Legrez. “Il veillera à ce qu’il ne soit plus fait référence à Clémence Ledoux”, mentionne le communiqué, qui évoque aussi la possibilité d’une dissolution si les réformes entreprises n’étaient pas suffisantes. (cath.ch/com/cx/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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