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    DE COLLABORATION ENI-95-0068çF

    UN PRETRE ROUMAIN INTENTE UN PROECES EN DIFFAMATION AU JOURNAL QUI L’ACCUSE

    Bucarest, le 20 mars (ENI) - Un prêtre orthodoxe roumain intente un procès

    à un journal à qui il réclame 500 millions de lei (2,5 millions de dollars

    EU), après la publication d’un article prétendant qúil aurait livré à la

    police secrète communiste Securitate des militants de la Révolution de

    décembre 1989.

    Sandi Mehedintu, recteur de l’église Coltea à Bucarest, a en effet été

    accusé par des membres d’une organisation nationale marginale,

    l"’Association du 21 décembre", d’avoir violé le secret de la confession en

    trahissant des participants au soulèvement qui a entra#né la chute du

    régime communiste en Roumanie.

    Selon S. Mehedintu, les soi-disant preuves de sa "culpabilité" lui auraient

    été montrées au siège de l’association à Bucarest deux jours avant leur

    publication il y a plus d’une semaine par le quotidien indépendant Romania

    Libera.

    Ce procès en diffamation est le premier de la sorte en Roumanie; il faut

    toutefois rappeler que l’Eglise avait été il y a cinq ans accusée à maintes

    reprises de collaboration.

    Pour S. Mehedintu, le dirigeant de l’Association du 21 décembre, Adrian

    Dumitrescu, voulait le compromettre en raison des idées pro-monarchistes de

    Mehedintu.

    S. Mehedintu a rappelé que plusieurs groupes républicains lui reprochaient

    d’avoir proposé la nomination du métropolite orthodoxe Nicolas Corneanu de

    Timisoara comme candidat de l’opposition lors des prochaines élections

    présidentielles. La démission de ce dernier avait été réclamée en raison du

    rôle qúil aurait eu, avant et durant la révolution de 1989.

    Contacté par le correspondant d’ENI, le porte-parole du Patriarcat de

    Bucarest, Gheorghe Bogdan, a précisé que l’Eglise ne prendrait pas de

    position officielle sur cette affaire tant que les circonstances ne

    seraient pas soigneusement examinées.

    Il a toutefois déploré la partialité de la couverture de cette affaire par

    les médias, et souligné que le Patriarcat soutiendrait certainement S.

    Mehedintu contre "de fausses accusations".

    Dumitru Popescu, doyen de la faculté de théologie à l’Université de

    Bucarest, a vivement critiqué S. Mehedintu et le métropolite Corneanu, leur

    reprochant de "mélanger religion et politique".

    "Je pense que le père Mehedintu a provoqué ces réactions en essayant

    d’influencer les affaires politiques, et en ne respectant pas la loi",

    a-t-il déclaré au correspondant d’ENI.

    "L’Eglise lui a déjà demandé de se conformer à la discipline interne, et de

    laisser les affaires politiques aux partis politiques", a-t-il rappelé.

    S’il obtient gain de cause contre Romania Libera, qui tire à 200 000

    exemplaires, S. Mehedintu entend utiliser les fonds pour la restauration de

    son église. Par ailleurs, il a déclaré avoir rec,u plusieurs menaces de la

    part de groupes anti-monarchistes, entre autres une menace l’avertissant

    qúun attentat serait perpétré contre lui le 28 mars. (465 mots)

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