entre Anglicans et catholiques à propos de l’eucharistie
Louvain, 6juin(APIC/CIP) Moins d’un mois après un colloque sur l’Eucharistie qui a réuni dans le Yorshire des représentants anglicans et catholiques, l’abbaye bénédictine du Mont-César à Louvain publie les rapports de
ces conversations dans son dernier numéro de "Questions liturgiques - Studies on Liturgy".
Le colloque oecuménique sur l’eucharistie s’est tenu du 28 avril au 1er
mai, au Centre pastoral St-Oxwald, que dirigent à Sleights, dans le Yorshire, les Soeurs anglicanes de l’Ordre du St-Esprit. Les journées ont réuni
des représentants de l’archevêché de York et de l’archevêché de MalinesBruxelles. Des délégués de l’évêché catholique de Middleborough étaient
également présents.
Le colloque s’est déroulé en six séances, suivies chaque fois d’un
échange de vues. La première, de caractère introductif a présenté
l’eucharistie d’après le document établi par la Commission internationale
de dialogue entre catholiques romains et anglicans (ARCIC). Ce document
relève clairement que le terme "anamnèse" a pas mal ouvert la voie à une
meilleure compréhension réciproque entre les Eglises sur le caractère
d’offrande de l’Eucharistie. Mais on reconnaît aussi que le dialogue reste
à approfondir sur le mode de présence du Christ dans l’Eucharistie.
Dans un deuxième temps, Dom Ambroise Verheul, abbé du Mont-César, a considéré l’Eucharistie comme action de grâce. A partir des récits de l’institution eucharistique et de ses racines juives (dans la pâque), il a montré
combien louange, offrande ou sacrifice, anamnèse ou mémorial, et présence
du Christ sont intimement mêlés dans l’Eucharistie.
Les nouvelles prières eucharistiques qui sont en vigueur dans la liturgie catholique depuis le Concile Vatican II mêlent précisément ces
différents aspects. Toutefois, les anglicans ont émis quelques critiques à
l’égard de ces prières : peut-on vraiement dire, en rigueur de termes, que
les croyants offrent le Christ ? Cette façon de parler n’aurait été utilisée pour la première fois que par Saint Cyprien, et jamais d’une manière
très nette dans les anciennes prières eucharistiques d’Orient et d’Occident. C’est en tout cas ce qu’a révélé, lors du colloque de Sleights, le
professeur Anthony Hanson, qui enseignait jusqu’il y a peu l’exégèse du
Nouveau Testament à l’Université de Hull.
La quatrième séance, introduite par le P. Parré, membre de la Commission
oecuménique de l’archevêché de Malines-Bruxelles, avait pour thème : la
présence du Christ dans l’Eucharistie et son mode de présence. La discussion a été difficile et les divergences ne se sont pas manifestées tellement entre une Eglise et l’autre, mais au travers de chacune d’elles.
Quant à la présidence de l’Eucharistie, ne pourrait-elle, en certaines
circonstances, être assurée par des laïcs ? C’est la question posée, dans
une cinquième étape, par J. Toy, chanoine anglican de York. Mais il n’a pas
été suivi. On a cependant suggéré la possibilité d’ordonner quelqu’un pour
une Eglise locale seulement et à titre temporaire.
La dernière séance avait pour rapporteur J. Lamberts, attaché au Liturgisch Instituut de la Katolieke Universiteit te Leuven. Traitant de la partie de la communion dans le déroulement de l’Eucharistie, il a tenu à souligner l’attention croisante de l’Eglise catholique romaine pour la participation active, en particulier par la communion. Il a également fait remarquer qu’un rapprochement s’était opéré entre les deux Eglises grâce à
l’usage de la langue vernaculaire et à la réception de la communion sous
les deux espèces. Quant aux rites de la communion, ils comportent encore
dans l’Eglise catholique; à côté de nombreuses améliorations, a-t-il observé, diverses lacunes, auxquelles le "Book of Commun Prayer" a suppléé
d’une manière logique. Il aussi été question de l’intercommunion.
(apic/cip/bd)
Le numéro de "Questions liturgiques" se rapportant au colloque de Sleights
peut être obtenu à l’Abbaye du Mont-César, Mechelsestraat 202, 3000 Leuven,
Belgique.