Un nouvel esclavage : la prostitution enfantine (040889)
Genève, 4août(APIC/Geneviève Jaggi) Le tourisme sexuel rapporte gros et
les clients en veulent toujours plus. Aujourd’hui les petites vierges et
les jeunes gamins sains "se vendent bien". Rèunis du 31 juillet au 4 août à
l’ONU à Genève, les membres du groupe de travail sur les formes contemporaines d’esclavage ont dénoncé ce vil trafic dont les enfants pauvres des
pays du Tiers Monde sont les premières victimes.
A l’invitation du BICE (Bureau international catholique de l’enfance)
Madame Sudarat Srisang, expert thaï, membre de l’organisation "Coalition
oecuménique sur le tourisme du Tiers-Monde" (ECTWT) basée à Bangkok et coordinatrice d’une étude sur la prostitution enfantine liée au tourisme en
Thailande, aux Philippines et au Sri Lanka, est venue dénoncer les situations dramatiques vécues par des centaines de milliers d’enfants. Elle a
témoigné de ces abus, toujours plus importants. Pris dans les filets de la
prostitution très jeunes, les enfants cherchent désespérément à s’en
sortir. Les uns finissent, résignés, dans le circuit des maisons closes.
Ceux qui en ont échappé vivent à jamais troublés par des chocs
psychologiques ou hantés par des cauchemars.
Sudarat Srisang raconte que dans le nord de la Thailande, les parents
désespérés vendent leurs enfants sans complexe, par l’intermédiaire
d’agents qui proposent aux familles villageoises d’emmener leur enfant pour
leur offrir du travail. Deux catégories de parents répondent à ces offres.
Certains ne soupçonnent pas le gain du sexe. Ils pensent qu’à la ville
l’enfant trouvera de quoi manger et pourra rapporter un peu d’argent pour
les plus petits. D’autres conscients, vendent leurs enfants en faisant
monter les prix. Il est vrai que les jeunes vierges sont très appréciées à
Bangkok. Une vieille croyance chinoise prédit à celui qui a des relations
avec une vierge une longue vie et beaucoup d’énergie.
Au Sri Lanka, les chercheurs ont découvert que parmi les enfants
prostitués, 90% étaient des garçons. Si dans ce pays, les filles semblent
bien protégées, les garçons, eux, participent au tourisme sexuel via les
pédophiles. Il existe même un guide touristique pour pédophile et il n’est
pas rare de voir un homme offrir aux parents d’agrandir la maison et de
vivre, dans la chambre ainsi annexée, avec leur gamin. L’étude rapporte
aussi que certains touristes filment, à l’aide de miroirs leurs ébats avec
les enfants.
Des organisations préoccupées
En Thaïlande, l’organisation "Coalition oecuménique sur le tourisme du
Tiers-Monde" dénonce les abus en publiant des études sur le sujet. Elle
travaille en collaboration avec d’autres organismes de prévention comme la
"Fondation pour les femmes" et le "Centre de protection des droits de
l’enfant" ou des centres de réhabilitation. Ils tentent d’informer la
population, s’adressent aux maîtres d’école, les sensibilisent à ce sujet.
Sudarat Srisang reproche aussi aux agences internationales de coopération de faciliter des projets d’infrastructures touristiques en défaveur
des pauvres. Selon elle, ils ne font qu’augmenter le mal-développement du
pays. Ils ont des effets négatifs et la population n’en tire aucun bénéfice. Bien au contraire, ils accentuent les problèmes du tourisme sexuel et
entraînent la dégradation de l’environnement
L’industrie du sexe rapporte des millions de dollars. Les pauvres
désespérés, sans pain, sans travail y participent. Il est temps d’inventer
des solutions nouvelles, de repenser les rapports humains et de se demander
pourquoi les hommes du 20ème siècle ont besoin de ce genre d’industrie.
Parmi ces recommandations, Sudarat Srisang souhaite que les organisations
des pays d’où proviennent ces touristes lancent des études pour analyser
les motivations profondes de ces clients avides d’enfants. (apic/gj/mg)