Dissimulation d'abus, accusations de parjure, protestations des fidèles: Mgr Rosario Gisana, et d'autres responsables du diocèse de Piazza Armerina, en Sicile, sont dans la tourmente. Le Vatican examine désormais apparemment aussi le cas de l'évêque.
Selon le quotidien Giornale di Sicilia du 21 janvier 2025, le Vatican a mandaté un évêque du nord de l'Italie qui a mené des entretiens à la mi-janvier dans la commune concernée d'Enna. Ce visiteur apostolique communiquera ses conclusions au pape.
En mai, l'évêque Mgr Rosario Gisana et le vicaire général Vincenzo Murgano devront répondre d'un éventuel parjure devant le tribunal séculier d'Enna. Il leur est reproché d'avoir menti dans une autre procédure judiciaire dans laquelle un prêtre du diocèse avait été condamné à quatre ans et demi de prison pour violences sexuelles sur mineurs.
Dans les attendus du procès, le tribunal a constaté fin juillet 2024 que l'évêque responsable avait omis toute initiative sérieuse pour protéger les mineurs et que son comportement avait favorisé les abus. Il était donc responsable de dissimulation des abus commis par des membres du clergé.
Des fidèles en colère
En 2018 déjà, l'une des victimes présumées du prêtre avait dénoncé ce dernier au diocèse. L'ecclésiastique a ensuite été transféré, selon les informations du diocèse, pour suivre un traitement psycho-thérapeutique. L’enquête ecclésiastique a échoué en raison d'un manque de clarté dans les compétences. En 2020 la victime a finalement dénoncé le prêtre à la police.
Après le prononcé du jugement l'été dernier, plusieurs manifestations de catholiques du diocèse avaient eu lieu contre l'évêque et les responsables. Des fidèles avaient quitté les messes et manifesté devant les églises en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire: «Je n'accepte pas les sermons de ceux qui couvrent les abus». (cath.ch/kap/mp)